Oujda, capitale de la région de l'Oriental, est une ville à la frontière de plusieurs mondes. Posée sur la plaine de l'Angad, à quelques kilomètres seulement de la frontière algérienne, elle mêle influences berbère, arabo-andalouse et coloniale. C'est ici que le Maroc se tourne vers l'est, vers la Méditerranée, vers un patrimoine façonné par les caravanes, les conquêtes et le quotidien tranquille d'une ville souvent méconnue. Envie d'authenticité, de paysages sauvages et d'architecture singulière ? Oujda mérite qu'on s'y attarde.

Où se trouve Oujda et quel est son paysage ?

Oujda se situe à l'extrême nord-est du Maroc, à environ 550 kilomètres de Rabat et 130 kilomètres de la côte méditerranéenne. La ville domine la plaine de l'Angad, une terre fertile nichée entre les contreforts du Rif et les montagnes des Beni-Snassen. Cette position géographique explique son histoire : carrefour de routes commerciales, poste de surveillance militaire et ville-frontière.

Le paysage autour d'Oujda offre un contraste saisissant. Au sud et à l'est s'étendent des terres agricoles plantées d'oliviers, d'amandiers et de céréales. Au nord se profilent les reliefs des Beni-Snassen, dont les sommets dépassent par endroits les 1 500 mètres. C'est là que des randonneurs, comme ceux immortalisés dans le cliché Sans titre-17 d.jpg de la galerie Oujda.net, partent à la découverte de sentiers secrets, de forêts de chênes-lièges et de villages suspendus. Entre plaine lumineuse et montagnes ombragées, Oujda propose un environnement naturel rarement égalé dans le royaume.

Quelle est l'histoire de cette ville de l'Est ?

L'histoire d'Oujda est ancienne et tourmentée. Les origines de la ville remontent probablement au XIe siècle, avec la fondation d'une cité par les Zénètes, une confédération berbère. Au fil des siècles, Oujda change souvent de maître : Almohades, Mérinides, Ottomans, Saadiens et Alaouites s'y succèdent. Chaque époque y laisse des traces, dans les noms des portes, dans les rituels, dans la mémoire des habitants.

Au XIXe siècle, la ville subit les convulsions du voisinage colonial. En 1844, les troupes françaises mènent l'expédition dite « d'Oujda », marquant l'intrusion croissante de la France dans les affaires marocaines. Puis, en 1907-1908, la région est le théâtre d'incidents qui précèdent l'instauration du protectorat français en 1912. Oujda devient alors un centre administratif important de la zone orientale. Cette période transforme le visage de la ville : on construit des avenues, des écoles, des casernes et de nombreux bâtiments influencés par l'art déco. Aujourd'hui, ces façades géométriques, ces balcons en fer forgé et ces portes ornées constituent un patrimoine urbain fragile qu'associations et passionnés s'efforcent de faire reconnaître.

Que peut-on découvrir dans la médina et le centre ancien d'Oujda ?

Le cœur historique d'Oujda, sa médina, se visite avec délectation. Plus petite et plus intime que celle de Fès ou de Marrakech, elle offre un dédale de ruelles, de souks aux marchandises colorées et de patios dissimulés. On y trouve des artisans travaillant le cuir, le cuivre et les textiles. L'ambiance y est familiale ; les passants se connaissent, les commerçants invitent à goûter, à toucher, à discuter.

Non loin de là se dresse la mosquée Sidi Yahya, un des lieux les plus anciens et respectés de la ville. Fondée au XIVe siècle, selon la tradition, elle doit son nom à un saint vénéré de la région. Son minaret et son enceinte de pierre témoignent d'une architecture religieuse sobre et élégante. Face à la mosquée, la place Moulay El Médi constitue un autre pôle de la vie oujdie. Entre terrasses de thé, fontaines et bancs ombragés, c'est un lieu de promenade où se mêlent étudiants, familles et visiteurs curieux de sentir battre le pouls de la ville.

« Dans la médina d'Oujda, le temps n'est pas pressé. Il suffit de lever les yeux pour lire, sur une porte ou sur un linteau, plusieurs siècles d'histoire orientale. »

Pourquoi l'art déco d'Oujda mérite-t-il le détour ?

Contrairement à ce que l'on imagine, Oujda recèle un remarquable héritage art déco, fruit de l'urbanisme du protectorat. Le quartier administratif et les avenues principales, comme le boulevard Mohammed VI et ses abords, conservent des immeubles d'inspiration européenne datant des années 1920 à 1950. Façades en gradins, frises géométriques, vitraux colorés, garde-corps en fer forgé : chaque détail rappelle l'âge d'or d'une ville en pleine mutation.

Ce patrimoine, encore peu valorisé, fait l'objet d'inventaires récents. Certains bâtiments abritent aujourd'hui des administrations, des commerces ou des résidences privées. D'autres, malheureusement, tombent en délabrement. Pour l'amateur d'architecture, flâner dans ces rues revient à feuilleter un album de l'histoire coloniale et postcoloniale du Maroc. C'est aussi une manière de comprendre comment Oujda a oscillé, sans jamais se renier, entre modernité occidentale et identité orientale.

Que voir aux alentours d'Oujda : les Beni-Snassen et la plaine ?

L'région de l'Oriental ne se limite pas à sa capitale. Aux portes d'Oujda, la plaine de l'Angad invite à des balades bucoliques entre champs, khettaras et douars traditionnels. Plus loin, les montagnes des Beni-Snassen constituent une destination privilégiée pour les amateurs de nature. Leurs forêts de chênes et de pins, leurs gorges profondes et leurs villages berbères offrent un cadre propice à la randonnée, au pique-nique et à la découverte culturelle.

La photographie Sans titre-17 d.jpg, issue de l'Album photo 39 de la galerie Oujda.net, capture parfaitement cet esprit : un groupe de randonneurs traversant les collines près d'Oujda, sous une lumière dorée. Ce type d'image illustre l'attrait d'une escapade dans l'Oriental, loin des sentiers touristiques les plus fréquentés. On peut également visiter des sites comme la grotte des Pigeons à Tafoughalt, les sources thermales ou les marchés de la région, où l'on trouve miel, huile d'olive et artisanat local.

Pourquoi Oujda mérite-t-elle une place dans votre prochain voyage ?

Oujda ne ressemble à aucune autre ville marocaine. Elle n'a ni l'agitation commerciale du sud ni l'embellissement touristique des grandes cités impériales. Elle possède une authenticité brute, une douceur de vivre et un patrimoine multiple. Entre sa médina discrète, ses façades art déco, sa mosquée Sidi Yahya et sa place Moulay El Médi, la ville offre une plongée dans plusieurs strates du Maroc oriental.

Ajoutez-y la proximité des Beni-Snassen et l'immensité de la plaine de l'Angad, et vous obtenez une destination complète, adaptée aux voyageurs curieux, aux marcheurs, aux photographes et aux amateurs d'histoire. Oujda est une invitation à ralentir, à observer, à découvrir l'âme d'une région de l'Est qui regarde à la fois vers le Maroc, vers l'Algérie et vers la Méditerranée. Pour votre prochaine escapade, laissez-vous séduire par la lumière de l'Oriental.

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