Oujda est la ville de l'extrême nord-est du Maroc, capitale historique et culturelle de la région de l'Oriental. Posée sur la vaste plaine de l'Angad, à quelques encablures de la frontière algérienne et au pied des monts Beni-Snassen, elle offre un paysage où le vert des oliviers se mêle aux toits ocre de la médina et aux façades géométriques de l'art déco. C'est une ville à arpenter lentement, entre ruelles anciennes, places animées et collines parfumées de thym et de romarin.
Où se trouve Oujda et quel est son paysage ?
Oujda se situe à environ 550 kilomètres à l'est de Rabat et à 100 kilomètres au sud de la Méditerranée. Elle domine la plaine de l'Angad, une terre fertile qui porte depuis des siècles des oliveraies, des vergers et des champs de céréales. Au nord et à l'est, la chaîne des Beni-Snassen dessine une silhouette bleutée qui protège la ville des vents froids et offre des retraites fraîches aux habitants en été.
C'est précisément ce contraste qui séduit le visiteur : une ville ouverte sur les horizons de l'Est, à la fois marocaine par ses souks et ses mosquées, et marquée par une histoire frontalière qui l'a placée au carrefour des influences méditerranéennes. La photographie « Sans titre-17 b.jpg » en dit long : une vue générale d'Oujda, avec ses quartiers qui s'étalent doucement vers la plaine, capture ce sentiment d'espaces vastes et de lumière oblique propre à l'Oriental.
Quelle est l'histoire qui a façonné la ville ?
Fondée au Xe siècle par la dynastie ziride, Oujda tire son nom d'un personnage légendaire, Oudja, un guerrier venu de l'Est. Pendant des siècles, elle fut un point de passage obligé entre le Maghreb et l'Ifriqiya, entre Fès et Tlemcen. Les Almohades, les Mérinides, puis les Alaouites la contrôlèrent tour à tour, en faisant une place-forte stratégique de l'Est marocain.
L'époque coloniale, à partir de 1907 puis sous le Protectorat français à partir de 1912, transforma profondément le visage de la ville. Les autorités coloniales tracèrent de nouvelles artères, érigèrent des bâtiments administratifs, des casernes et des villas bourgeoises. Cette période laissa une empreinte architecturale forte : l'art déco oujdi, avec ses lignes épurées, ses ferronneries géométriques et ses façades en pastels délavés, constitue aujourd'hui un élément précieux du patrimoine urbain de la ville. Heureusement, nombre de ces immeubles du centre-ville sont encore debout, témoins d'une époque où Oujda était une vitrine de l'administration française dans l'Est du Maroc.
Que voir dans la médina et autour des places centrales ?
Le cœur battant de la ville ancienne reste sa médina. Ses portes, ses fondouks, ses hammams et ses ruelles couvertes racontent une vie urbaine séculaire. On y flâne entre les étals des épices, les boutiques de tissus et les ateliers de dinandiers. La mosquée Sidi Yahya, l'une des plus anciennes de la ville, est un repère spirituel et architectural majeur. Fondée au XIIe siècle et plusieurs fois restaurée, elle mêle pierre ocre, arcades en fer à cheval et minaret élancé. Son patio ombragé et sa salle de prière sobre invitent au recueillement, loin de l'agitation des souks voisins.
Non loin de là, la place Moulay El Médi concentre une partie de la vie sociale oujdie. C'est un espace de rencontre, de thé à la menthe, de discussion animée sous les arcades. Le visiteur y observe le tempo local : les enfants qui traversent en courant, les hommes en djellaba assis sur les bancs, les passants qui saluent. Autour de la place, des cafés, des librairies et des commerces de proximité maintiennent une convivialité de quartier rare dans les grandes villes.
Pour celui qui cherche à saisir l'âme d'Oujda, il suffit de s'asseoir un moment dans un de ces cafés, de commander un thé et d'écouter le bruit des conversations mêlées de darija et de français. C'est là, dans ces instants simples, que la ville se livre.
Quels trésors naturels entourent Oujda ?
Au-delà des remparts et des boulevards, la nature reprend ses droits. Les Beni-Snassen, qui culminent à plus de 1 500 mètres, offrent des forêts de chênes-lièges, de pins et de cèdres, des gorges profondes et des villages berbères accrochés aux flancs des collines. En automne, les chênes-lièges se parent de roux ; au printemps, les prairies sont couvertes de coquelicots et d'asphodèles.
Plusieurs circuits de randonnée permettent de découvrir ces montagnes à pied. Les amateurs de faune y repèrent parfois des sangliers, des renards et une grande variété d'oiseaux. Les villages de la région, comme Zegzel ou Bni Mathar, méritent une halte pour leur architecture en pierre sèche, leurs poteries traditionnelles et leur hospitalité. On y goûte un mouton grillé aux herbes sauvages, une harira parfumée au safran local, ou un pain cuit au four communal.
La plaine de l'Angad, quant à elle, se découvre à vélo ou en voiture. Les routes bordées d'oliviers mènent à des douars paisibles, des khettaras et des champs labourés selon des méthodes ancestrales. C'est une invitation à ralentir, à regarder le ciel immense et à comprendre pourquoi Oujda a toujours vécu en symbiose avec ses terres.
Pourquoi Oujda mérite-t-elle le détour aujourd'hui ?
Parce qu'elle est encore une ville authentique, loin des sentiers battus du tourisme de masse. Son patrimoine architectural, mélange de médina millénaire et d'art déco colonial, la rend unique au Maroc. Ses habitants, fiers de leur identité orientale, accueillent le voyageur avec une chaleur désarmante. Sa cuisine, influencée par l'Est, propose des tajines aux pruneaux, des briouats, des pâtisseries aux amandes et un thé vert parfumé à la menthe de la région.
Oujda est également une porte d'entrée vers l'Oriental dans son ensemble : les grottes de Friouato, les sources thermales de Bouhdid, les plages de Saïdia et les montagnes des Beni-Snassen sont accessibles en une ou deux heures de route. C'est une base idéale pour explorer une région du Maroc encore trop méconnue, riche en contrastes et en traditions vivantes.
Conclusion
Oujda ne se visite pas en coup de vent. Elle demande un peu de temps, de la curiosité et l'envie de marcher. Entre la mosquée Sidi Yahya, la place Moulay El Médi, les façades art déco, les ruelles de la médina et les sentiers des Beni-Snassen, elle construit lentement son portrait. Une ville de l'Oriental, tournée vers l'Est, baignée par la lumière de la plaine de l'Angad. Un voyage à Oujda, c'est avant tout une rencontre : avec l'histoire, avec les paysages, et avec ceux qui font, jour après jour, la beauté discrète de cette ville-frontière.
Continuez la découverte :
Explorez la photographie associée à cet article, parcourez notre galerie photos de Oujda ou consultez notre liste complète d'articles.
