Envie d’une escapade marocaine loin des sentiers battus ? Oujda, capitale de l’est du pays et véritable carrefour de la région de l’Oriental, offre un voyage dans le temps où le patrimoine arabo-andalou dialogue avec l’art déco colonial, où la plaine de l’Angad s’étend sous le soleil et où les monts Beni-Snassen dressent leur silhouette bleue à l’horizon. Cette photographie, issue de l’album 116 consacré à la découverte d’Oujda, capture l’esprit d’une ville sans prétention, authentique et chaleureuse, prête à révéler ses trésors aux visiteurs curieux.

Où se trouve Oujda et pourquoi la région de l'Oriental mérite-t-elle le détour ?

Située à une quinzaine de kilomètres de la frontière algérienne et à moins de cent kilomètres de la Méditerranée, Oujda se niche dans le nord-est du Maroc, au cœur de la plaine de l’Angad. Cette position frontalière, qu’elle occupe depuis des siècles, en a fait une cité de passage, de commerce et d’échanges entre le Maghreb et l’Europe. La région de l’Oriental, vaste territoire s’étirant des contreforts du Rif aux monts Beni-Snassen, mêle terres agricoles fertiles, steppes lumineuses et reliefs boisés. Loin de l’effervescence de la côte atlantique, elle séduit par son calme, la générosité de ses habitants et la richesse d’un héritage trop méconnu.

Quelle histoire se cache derrière la médina et le patrimoine d'Oujda ?

Fondée au Xe siècle, Oujda a connu l’influence des Zénètes, des Almohades, des Mérinides puis de la dynastie des Alaouites, dont les souverains ont laissé une empreinte architecturale durable. Sa médina, bien plus petite et paisible que celle de Fès ou de Marrakech, conserve des ruelles pavées, des portes anciennes et des fondouks où le temps semble s’être arrêté. Le patrimoine religieux y occupe une place centrale. La mosquée Sidi Yahya, édifiée au XIVe siècle et profondément remaniée au fil des siècles, est l’un des édifices les plus anciens et les plus vénérés de la ville. Non loin de là, les remparts et les bastions témoignent d’un passé militaire tumultueux. Oujda fut en effet convoitée par les puissances méditerranéennes et marqua durablement l’histoire du Maroc oriental, notamment lors du protectorat français, dont la période 1907-1956 a profondément remodelé son tissu urbain.

Comment l'art déco et l'architecture coloniale ont-ils transformé le centre-ville ?

Le XXe siècle a laissé à Oujda un centre-ville singulier, où les façades art déco côtoient les balcons en fer forgé, les arcades commerçantes et les hôtels de style néo-mauresque. Le boulevard Mohammed VI, autrefois axe colonial principal, reste le poumon de la ville, bordé de cafés animés et de boutiques aux étals colorés. Les immeubles des années 1920-1940, avec leurs lignes géométriques, leurs ferronneries élégantes et leurs encadrements en stuc, offrent un décor cinématographique qui surprend le promeneur. Cette époque a également vu la création de la gare, du palais de justice, du théâtre et de plusieurs écoles dont l’architecture mêle modernisme européen et motifs locaux. L’art déco oujdi n’est pas un simple vestige : il constitue un élément vivant du paysage quotidien, où les Oujdis se retrouvent pour prendre un thé à la menthe ou flâner entre deux courses.

Que voir à Oujda : de la mosquée Sidi Yahya à la place Moulay El Médi ?

La visite d’Oujda se construit autour de quelques sites emblématiques. Commencez par la mosquée Sidi Yahya, au cœur de la médina, dont le minaret blanc domine les toits de tuiles ocre. Son atmosphère recueillie et ses détails en zellige en font une étape incontournable pour qui s’intéresse au patrimoine religieux marocain. Ensuite, gagnez la place Moulay El Médi, espace public animé entouré de terrasses et de petits commerces. C’est ici que la ville bat au rythme de ses habitants : écoliers, marchands, joueurs de dames et passants du soir se croisent autour d’une fontaine ou sous les arcades. Poursuivez par la médina proprement dite, ses ruelles parfumées d’épices et de pain chaud, ses souks aux tissus et ses artisans qui maintiennent vivantes des techniques ancestrales. Enfin, flânez dans le quartier administratif art déco, un itinéraire idéal pour comprendre la dualité historique d’Oujda, entre héritage islamique et époque coloniale.

Pourquoi les monts Beni-Snassen et la plaine de l'Angad méritent-ils une escapade ?

Au-delà de la ville, la nature offre un spectacle tout aussi captivant. La plaine de l’Angad, s’étalant aux portes d’Oujda, est un tapis de champs de blé, d’oliviers et de vignes, où les villages blancs se succèdent comme des points de repère dans une mer de verdure. Elle constitue le grenier agricole de la région de l’Oriental et un paysage de douceur propice aux balades à vélo ou aux pauses photographiques. À l’est, les monts Beni-Snassen se dressent en sentinelle, culminant à plus de 1 500 mètres et offrant forêts de chênes-lièges, gorges sauvages et panoramas saisissants sur l’Algérie voisine. Cette chaîne, habitée depuis la préhistoire et parsemée de grottes et de sites rupestres, invite à la randonnée, au pique-nique en famille ou à la découverte des villages berbérophones de la région. Entre plaine et montagne, Oujda se révèle comme un point de départ idéal pour explorer un Maroc authentique, loin des clichés touristiques.

Que vous veniez pour la médina, l’art déco ou les paysages du nord-est, Oujda saura vous séduire par son caractère intact. La région de l’Oriental, avec ses trésors de patrimoine, ses monts Beni-Snassen et sa plaine de l’Angad, mérite largement qu’on lui accorde plus qu’un simple passage. Alors, laissez-vous tenter : votre prochaine escapade marocaine pourrait bien commencer à Oujda.

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