À l'extrême nord-est du Maroc, Oujda se déploie comme une porte ouverte sur l'est du pays. Capitale de la région de l'Oriental, elle attire moins les foules que Fès ou Marrakech, et c'est précisément son charme : rues calmes, jardins ombragés, souks où l'on prend le temps de parler. Entre la plaine de l'Angad et les monts des Beni-Snassen, la ville mêle héritage berbère, empreintes coloniales et souffle contemporain. Que vous cherchiez un patrimoine authentique, une architecture insolite ou simplement l'ombre d'un eucalyptus, Oujda réserve bien des surprises.
Où se trouve Oujda et quel paysage l'entoure ?
Oujda se niche à une quinzaine de kilomètres de la frontière algérienne, à 360 kilomètres de Rabat et 130 kilomètres de la Méditerranée. Elle est la capitale de la région de l'Oriental, ce grand territoire qui borde l'Algérie et la mer. La ville repose sur la plaine de l'Angad, une cuvette fertile où les céréales et les vergers dessinent des horizons doux. Au sud s'élèvent les monts des Beni-Snassen, relief boisé aux falaises de calcaire, refuge de lynx, genévriers et senteurs de thym. Cette géographie donne à Oujda un air de carrefour : entre Tell algérien, Hauts Plateaux et Rif oriental, elle a toujours été un lieu de passage, d'échange et de rencontre.
Quelle histoire se cache derrière les pierres de la médina ?
On dit qu'Oujda fut fondée au Xe siècle par Ziri ibn Attia, chef des Maghraoua, bien que des indices d'occupation antérieure remontent à l'époque romaine et byzantine. Au fil des siècles, la ville change plusieurs fois de maître : Almohades, Mérinides, Ottomans, puis protectorat français à partir de 1907. C'est dans la médina que cette mémoire reste la plus vivante. Derrière ses murailles ocre, les ruelles serpentent entre des fondouks, des hammams et des mosquées aux portes de bois sculpté. Le souk des épices exhale le cumin et la cannelle ; celui des bijoux étale des colliers d'argent berbère. Chaque pierre raconte une époque où Oujda était une escale stratégique sur la route des caravanes reliant l'Ifriqiya au Maghreb central.
« Dans la médina d'Oujda, le temps ne se mesure plus à l'horloge, mais au rythme des pas sur les pavés. »
Que racontent l'art déco et les places du centre-ville ?
Le XXe siècle a laissé à Oujda une empreinte singulière. Sous le protectorat, la ville double sa médina d'un quartier administratif et résidentiel où l'art déco s'exprime avec fantaisie. Façades géométriques, ferronneries en volute, balcons en béton et vitraux colorés se succèdent le long des boulevards principaux. La place Moulay El Médi, cœur battant du centre-ville, concentre terrasses de café, librairies et passages animés. À proximité, l'ancien consulat de France, le tribunal ou la poste coloniale témoignent d'une époque où Oujda était un laboratoire urbain entre traditions maghrébines et modernité européenne. Ce patrimoine bâti, encore méconnu, mérite qu'on lève les yeux.
Pourquoi la mosquée Sidi Yahya est-elle un repère spirituel et culturel ?
Au nord de la médina, la mosquée Sidi Yahya domine le paysage de son minaret élancé. Fondée à l'époque mérinide puis remaniée au fil des siècles, elle doit son nom à Sidi Yahya, saint vénéré de la région. L'édifice mêle pierre de taille, arcs outrepassés et zellige bleu, dans une sobriété qui rappelle les grandes mosquées du Maroc oriental. Mais ce site est plus qu'un lieu de prière : c'est un repère identitaire, un espace où la mémoire locale se transmet entre générations. Le vendredi, les fidèles déferlent des ruelles voisines ; en semaine, le patio accueille visiteurs et étudiants venus méditer à l'ombre des arcades.
Que voir à Oujda aujourd'hui, entre jardins, souks et montagnes ?
La photographie Sans titre-11.jpg nous invite précisément dans le parc de Oujda, cet espace vert où les familles viennent respirer au milieu des eucalyptus, des palmiers et des allées fleuries. C'est l'une des entrées favorites pour découvrir la douceur de vivre oujdie. Puis flânez sur la place Moulay El Médi, plongez dans la médina pour humer les épices, montez aux Beni-Snassen pour une randonnée entre falaises et forêts de chênes, ou partez vers la plaine de l'Angad au lever du jour, quand la lumière dorée effleure les champs d'orge.
- la médina et ses souks traditionnels ;
- le parc de Oujda, illustré par la photographie Sans titre-11.jpg ;
- la mosquée Sidi Yahya et ses alentours paisibles ;
- les façades art déco du centre-ville ;
- les monts des Beni-Snassen, à une heure de route.
La gastronomie n'est pas en reste : pastilla au poulet, méchoui, olives marinées et miel des Beni-Snassen complètent le tableau.
Oujda ne se visite pas en coup de vent. Elle demande qu'on ralentisse le pas, qu'on écoute le bruit des fontaines dans le parc, qu'on suive le dédale des ruelles de la médina. Entre patrimoine millénaire, architecture art déco et nature généreuse de la région de l'Oriental, elle offre une facette du Maroc plus intime et moins conventionnelle. Alors, la prochaine fois que vous songerez à l'Oriental, laissez la route vous mener jusqu'à Oujda : la plaine de l'Angad, la mosquée Sidi Yahya et les monts des Beni-Snassen vous attendent.
Continuez la découverte :
Explorez la photographie associée à cet article, parcourez notre galerie photos de Oujda ou consultez notre liste complète d'articles.
