Oujda est la capitale de l'est marocain, une ville où le Maghreb rencontre l'Algérie et où les plaines fertiles de la région de l'Oriental s'ouvrent sur les contreforts des monts Beni-Snassen. Loin des circuits touristiques les plus fréquentés, elle offre un patrimoine dense, une architecture surprenante et une nature généreuse que la série photos 63 : beauté naturelle de l'Oriental met en lumière pour le projet touristique Oujda.net. Voici ce que chaque visiteur devrait savoir avant de poser le pied dans cette ville aux multiples visages.

Où se trouve Oujda et qu'est-ce qui fait la singularité de la région de l'Oriental ?

Oujda se situe à l'extrême nord-est du Maroc, à une quinzaine de kilomètres de la frontière algérienne. Elle domine la plaine de l'Angad, une vaste étendue agricole irriguée par les oueds qui descendent des reliefs voisins. Cette position géographique lui a valu, au fil des siècles, un rôle de carrefour commercial et militaire. Carrefour des routes maghrébines, point de passage entre Fès, Tlemcen et l'Algérie, la ville a toujours été une porte : porte du Maroc vers l'orient, porte de l'Oriental vers le reste du royaume.

La région de l'Oriental n'est pas qu'une simple marche frontalière. C'est un espace de transitions : entre l'Atlas tellien et le Sahara, entre la Méditerranée et les hautes terres, entre les traditions rurales des Beni-Snassen et la vie urbaine des centres anciens. Les paysages y alternent cultures de céréales, vergers, collines boisées de chênes-lièges et de pins, et horizons minéraux. C'est précisément cette diversité que la galerie photos Oujda pour projet touristique cherche à partager : l'Oriental comme territoire de contrastes harmonieux.

Quelle histoire se cache derrière les remparts de la médina ?

Fondée au Xe siècle, Oujda a connu une histoire tourmentée. Ravagée, reconstruite, disputée entre dynasties, elle a toujours rebondi. Sa médina, inscrite dans un tissu urbain compact, garde la mémoire de ces siècles d'épreuves. On y pénètre par d'anciennes portes, on y découvre des ruelles voûtées, des fondouks, des hammams et des demeures aux patios discrets. L'enceinte, bien que remaniée au fil des reconstructions, rappelle encore que la ville devait se défendre.

L'époque coloniale marque un tournant. Le protectorat français, installé en 1912, transforme la ville : création d'un nouveau centre au sud de la médina, percée de boulevards, équipement d'administrations, d'écoles et de casernes. Cette période laisse des traces indélébiles, parfois discutées, mais aujourd'hui intégrées au patrimoine urbain oujdi. Comprendre Oujda, c'est accepter que son identité résulte d'un dialogue permanent entre les strates berbère, arabo-andalouse, ottomane et coloniale.

Pourquoi l'architecture art déco transforme-t-elle la promenade en Oujda ?

C'est sans doute la surprise réservée au promeneur curieux. Au-delà des murailles, Oujda possède l'un des ensembles art déco les plus remarquables du Maroc. Immeubles aux façades géométriques, ferronneries stylisées, bow-windows, frises de céramique et lignes épurées : le quartier colonial respire l'optimisme des années 1920-1940. Les grandes artères, comme le boulevard Mohammed VI ou les rues avoisinantes, offrent un catalogue vivant des tendances architecturales du XXe siècle.

Cet héritage art déco n'est pas un simple décor. Il témoigne d'une époque où la ville se voulait moderne, méditerranéenne, tournée vers l'Europe voisine tout en restant profondément marocaine. Aujourd'hui, ces immeubles abritent commerces, cafés, résidences et administrations. Leur réhabilitation partielle montre que les Oujdis ont compris la valeur patrimoniale de ce paysage urbain. Pour le visiteur, flâner dans ce quartier, prendre un café en terrasse et lever les yeux vers les détails des façades constitue déjà une visite.

Que révèlent la mosquée Sidi Yahya et la place Moulay El Médi du quotidien oujdi ?

Au cœur de la vieille ville se dresse la mosquée Sidi Yahya, fondée à la fin du XIIIe siècle et plusieurs fois restaurée. Son minaret, aux proportions élégantes, domine les toits de terre cuite de la médina. C'est un repère spirituel et spatial : on s'y retrouve, on s'y réfère, on y mesure le temps au son de l'appel à la prière. L'édifice n'est pas seulement un monument religieux ; il est le cœur battant d'un quartier où la vie se concentre autour des souks, des échoppes et des passages couverts.

Non loin de là, la place Moulay El Médi constitue un autre pôle de la vie locale. Animée le jour comme le soir, elle concentre l'essence de la sociabilité oujdie : familles en promenade, vendeurs de jus, enfants qui courent, vieillards en discussion sur des bancs. C'est ici que le visiteur saisit le rythme réel de la ville, loin des images toutes faites. Entre patrimoine bâti et vie de quartier, Oujda se révèle telle qu'elle est : chaleureuse, bruyante, attachante.

Que découvrir dans les environs, des Beni-Snassen à la plaine de l'Angad ?

L'Oujda des monuments ne suffit pas à comprendre l'Oujda des paysages. Il faut sortir de la ville. Au sud, les monts Beni-Snassen dressent leurs crêtes boisées, propices aux randonnées et aux excursions. Leurs forêts de chênes-lièges, leurs grottes et leurs villages perchés offrent une respiration salutaire après l'effervescence urbaine. Cette chaîne montagneuse constitue l'épine dorsale écologique et culturelle de la région de l'Oriental.

Au nord et à l'ouest, la plaine de l'Angad s'étend à perte de vue. C'est l'un des greniers du Maroc oriental : blé, orge, oliviers et vergers dessinent des patchworks changeants au fil des saisons. Au printemps, les champs fleurissent ; en été, les moissons colorent l'horizon de dorures. Photographes et amateurs de nature y trouvent matière à rêver, comme l'illustre la beauté naturelle de l'Oriental capturée par la galerie Oujda.net. Entre ville et campagne, Oujda propose une expérience complète.

Pourquoi Oujda mérite-t-elle qu'on s'y arrête ?

Oujda n'est pas une destination de passage, c'est une ville qu'il faut prendre le temps de découvrir. Son patrimoine se lit dans les pierres de la médina, les façades art déco, les minarets de la mosquée Sidi Yahya et les soirs animés de la place Moulay El Médi. Sa nature s'exprime dans la fertilité de la plaine de l'Angad et la sauvagerie des Beni-Snassen. Sa culture puise à plusieurs sources, berbère, arabe, andalouse et méditerranéenne.

La région de l'Oriental attend ceux qui veulent voir un autre Maroc, plus intime, moins médiatisé, plus proche de ses racines. Et Oujda, avec son caractère résolument oriental, en est la porte d'entrée la plus accueillante. Qu'on vienne pour l'histoire, pour l'architecture, pour la photographie ou simplement pour l'authenticité, on repart avec l'envie de revenir.

Continuez la découverte :

Explorez la photographie associée à cet article, parcourez notre galerie photos de Oujda ou consultez notre liste complète d'articles.