Oujda se trouve à l’extrême nord-est du Maroc, à quelques kilomètres seulement de la frontière algérienne et à moins de deux heures de la Méditerranée. Capitale historique de la région de l’Oriental, elle est nichée au pied de la chaîne des Beni-Snassen, face à la vaste plaine de l’Angad. C’est une ville de passages, de marchés, de minarets et de maisons blanches, où le passé maghrébin rencontre les empreintes du protectorat français. La photographie qui illustre cette galerie — une randonnée dans les collines herbeuses et les sentiers de pierre près d’Oujda — capture bien l’essence du lieu : la ville n’est pas qu’un carrefour urbain, c’est aussi un point de départ pour explorer des paysages oubliés, un patrimoine vivant et une nature généreuse.
Où se situe Oujda et que représente la région de l’Oriental ?
La région de l’Oriental est la région la plus orientale du Maroc. Elle s’étend du Rif septentrional jusqu’aux confins algériens, en longeant la Méditerranée et en plongeant vers les hauts plateaux de l’intérieur. Oujda en est le cœur administratif, culturel et commercial depuis des siècles. Sa position géographique en fait une ancienne ville-frontière : caravanes, voyageurs, soldats et marchandises y transitaient entre le Maghreb central, l’Algérie et le Maroc.
La ville domine la plaine de l’Angad, une steppe fertile qui a longtemps nourri l’économie locale : blé, orge, oliviers et élevage y ont marqué le rythme des saisons. Au nord et à l’est, les Beni-Snassen dressent leurs reliefs calcaires et leurs forêts de chênes-lièges, offrant un contraste saisissant avec l’horizontalité de la plaine. Cette double identité — plaine ouverte et montagnes boisées — donne à Oujda un cadre naturel rare, propice aussi bien à l’agriculture qu’à la randonnée.
Quelle est l’histoire de cette photographie de randonnée près d’Oujda ?
L’image intitulée « Sans titre-23 b.jpg » appartient à la collection de la galerie Oujda.net et montre une randonnée près de Oujda. On y devine des sentiers caillouteux, des pentes couvertes d’herbes rases et, au loin, la ligne bleutée des montagnes. Ce type de cliché évoque les excursions organisées dans les contreforts des Beni-Snassen à partir des années 1960-1970, quand les associations oujdiaises commencèrent à promouvoir la découverte des environs.
À cette époque, la région de l’Oriental restait relativement méconnue du tourisme organisé. Les randonneurs locaux partaient à pied ou en 4×4 explorer les gorges, les sources et les villages dispersés de la chaîne. Les vêtements simples, les bouteilles d’eau et les sacs de toile que l’on imagine derrière ce cliché parlent d’une aventure modeste, proche du terrain. Aujourd’hui, ces collines sont toujours accessibles : elles offrent une belle alternative aux circuits classiques, entre observation des oiseaux, cueillette des plantes aromatiques et rencontre avec les bergers de la plaine.
Que révèle la médina d’Oujda sur le patrimoine de la ville ?
La médina d’Oujda est moins compacte que celles de Fès ou de Marrakech, mais elle recèle une atmosphère authentique. Fondée ou fortifiée à plusieurs reprises entre le XIIIe et le XIXe siècle, elle a été marquée par les rivalités entre dynasties marocaines, les tribus de l’Oriental et les pouvoirs voisins. Ses ruelles irrégulières, ses souks couverts et ses portes anciennes racontent cette histoire de résilience.
Au centre de l’ancienne ville se dresse la mosquée Sidi Yahya, l’un des monuments les plus anciens et les plus vénérés d’Oujda. Selon la tradition locale, elle abrite la tombe de Sidi Yahya, saint protecteur de la cité. L’édifice, restauré à plusieurs reprises, mélange des éléments d’architecture almoravide, mérinide et plus tardifs. Autour de lui, les artisans tiennent encore boutique : tisserands, dinandiers, selliers et vendeurs d’épices. C’est dans cette médina que le visiteur comprend qu’Oujda n’a jamais été une simple ville de transit : elle a façonné un patrimoine urbain, religieux et artisanal propre à l’est du Maroc.
Quelles traces de l’art déco et du XXe siècle découvrir à Oujda ?
Au-delà des remparts, Oujda porte les stigmates d’une modernisation accélérée pendant le protectorat français, de 1912 à 1956. Les autorités coloniales souhaitaient faire de la ville un modèle d’urbanisme « moderne » face à l’Algérie voisine. Elles tracèrent de larges avenues, plantèrent des alignements de platanes et édifièrent des bâtiments publics, des villas et des hôtels dans un style proche de l’art déco.
Le cœur de cette époque bat aujourd’hui encore autour de la place Moulay El Médi, l’un des espaces publics les plus animés d’Oujda. Son nom rend hommage à un des saints locaux, mais son aménagement est hérité du début du XXe siècle : façades géométriques, ferronneries ornementales, bow-windows et frises en céramique colorée. En se promenant vers le quartier administratif et le parc Lalla Meryem, on croise d’autres témoins de ce passé : l’ancien hôtel de ville, le théâtre municipal, des cafés aux terrasses ombragées. L’art déco d’Oujda n’est pas aussi célèbre que celui de Casablanca, mais il constitue un chapitre singulier de l’histoire architecturale marocaine.
Que voir autour d’Oujda, des monts Beni-Snassen à la plaine de l’Angad ?
Les environs d’Oujda méritent qu’on s’y attarde. Les Beni-Snassen, dont le nom renvoie à la grande confédération tribale qui peupla la région, forment une chaîne montagneuse d’environ 80 kilomètres de long. Leurs sommets dépassent parfois 1 300 mètres. On y trouve des forêts de chênes-lièges et de pins, des grottes aux parois striées, des cascades saisonnières et des villages où l’on fabrique encore le fromage de chèvre et le miel.
À l’inverse, la plaine de l’Angad s’ouvre comme un tableau de steppe et de cultures irriguées. Au printemps, elle se couvre de coquelicots et de blé vert ; en été, les récoltes dessinent des damiers dorés. Plusieurs routes secondaires mènent à de petits douars, à des khettaras — ces galeries souterraines qui drainent l’eau vers les jardins — et à des sites préhistoriques à peine signalés. Pour le visiteur, la combinaison d’une matinée dans la médina, d’un déjeuner de côtelettes d’agneau ou de pastilla à la viande, et d’une après-midi de randonnée dans les Beni-Snassen constitue une journée idéale.
Pourquoi Oujda mérite-t-elle qu’on s’y arrête ?
Oujda ne se visite pas à la hâte. Elle révèle ses charmes à celui qui accepte de marcher, d’observer et de goûter. Entre la médina aux accents andalous, les façades art déco de la place Moulay El Médi, la sérénité de la mosquée Sidi Yahya, les immensités de la plaine de l’Angad et les sentiers des Beni-Snassen, la ville offre un portrait complet du patrimoine oriental. Photographie en main, la région de l’Oriental apparaît alors pour ce qu’elle est : une invitation à ralentir, à sortir des sentiers battus et à découvrir un Maroc plus intime, plus montagnard et plus méditerranéen qu’on ne l’imagine.
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