La photographie Sans titre-13 c copie.jpg, issue de la série consacrée à la médina de Oujda, saisit l'âme d'une ville où le passé résonne dans chaque arcade, chaque façade et chaque rue pavée. Capitale de la région de l'Oriental, Oujda se dresse à l'extrême nord-est du Maroc, aux portes de l'Algérie et à quelques encablements de la Méditerranée. Entre plaine de l'Angad fertile et montagnes des Beni-Snassen, elle offre un patrimoine singulier fait de mémoires berbère, arabe, andalouse et coloniale.

Où se trouve Oujda et quel est son paysage ?

Oujda se situe à environ 550 kilomètres à l'est de Rabat et à 60 kilomètres de la mer Méditerranée. Elle domine la vaste plaine de l'Angad, une terre d'agriculture et de vergers qui s'étend jusqu'à la frontière algérienne. Au sud, le massif des Beni-Snassen dessine des silhouettes bleutées, refuge de forêts de chênes-lièges et de villages perchés. Cette géographie a fait d'Oujda une ville de passage, un carrefour entre le Maghreb, l'Algérie et l'Europe méditerranéenne. Le climat y est plus continental qu'atlantique : des étés chauds, des hiver frais, et une lumière crue qui magnifie les murs ocre de la médina.

Quelle est l'histoire de la photographie de la médina ?

L'image de la série 19 ne montre pas un monument isolé : elle capte un fragment de vie, une ruelle de la médina où le temps semble s'être ralenti. Les murs en pisé, les portes en bois ancien et les arcs en fer à cheval témoignent de siècles d'occupation. Fondée au Xe siècle par les Zénètes, puis fortifiée par les Almohades et les Mérinides, Oujda a toujours été une place stratégique. Au XIXe siècle, elle subit les assauts répétés des puissances coloniales avant d'être conquise par la France en 1907, puis rattachée au protectorat en 1912. La photographie, par son angle intime, rappelle que l'histoire de la ville ne se lit pas seulement dans les grandes dates, mais dans le grain des pierres, l'usure des seuils et la lumière filtrant à travers les passages couverts.

Que révèle le patrimoine architectural d'Oujda ?

Le patrimoine d'Oujda est une superposition de strates. La médina conserve ses souks traditionnels, ses fondouks, ses hammams et ses demeures à patio. Plus loin, le centre-ville colonial offre un remarquable ensemble art déco, avec des façades géométriques, des ferronneries et des bow-windows hérités des années 1920 à 1950. C'est l'une des rares villes marocaines où ce style est encore lisible dans l'espace public. Au cœur de l'ancienne ville se dressent la mosquée Sidi Yahya, dont la fondation remonte à la fin du XIVe siècle, et la place Moulay El Médi, espace de promenade et de mémoire. Non loin, le musée Dar Sebti et le musée de l'école du Royaume racontent les savoirs et les arts du territoire oriental. Chaque quartier raconte ainsi une époque : la casbah pour la résistance, la médina pour le commerce, le centre-ville pour la modernité coloniale.

Que voir et que vivre à Oujda aujourd'hui ?

La visite commence naturellement par la médina, où l'on flâne entre les échoppes des épiciers, des artisans du cuir et des brodeurs. Le souk de Oujda reste un lieu de vie avant d'être une attraction : on y achète des olives, des figues, des dattes et des herbes des Beni-Snassen. La place Moulay El Médi, avec ses terrasses et son animation, est le rendez-vous des familles le soir venu. Pour le visiteur curieux, la mosquée Sidi Yahya offre un moment de recueillement devant l'un des plus anciens édifices religieux de la région de l'Oriental. À la sortie de la ville, la plaine de l'Angad invite aux balades à travers les vergers, tandis que les montagnes des Beni-Snassen promettent des randonnées, des sources fraîches et des panoramas inattendus.

Pourquoi Oujda mérite-t-elle le détour ?

Oujda est une ville qui ne se livre pas au premier regard. Elle demande la patience de celui qui sait regarder autrement : derrière une façade art déco un peu fatiguée, derrière une porte de médina close, au détour d'une ruelle sans nom. Elle mérite le détour parce qu'elle incarne un Maroc moins médiatisé, plus authentique, ancré dans la région de l'Oriental. Entre mémoire berbère, héritage andalou, empreinte coloniale et vitalité contemporaine, Oujda compose un récit rare. Comme l'atteste la photographie Sans titre-13 c copie.jpg, la beauté d'Oujda se niche dans ces instants silencieux où le patrimoine continue de vivre au rythme de ses habitants.

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