Où se trouve Oujda ? À l'extrême nord-est du Maroc, à quelques encablures de la frontière algérienne, la ville trône comme capitale de la région de l'Oriental. Bâtie sur le versant sud de la plaine de l'Angad, elle fait face aux premiers contreforts du massif des Beni-Snassen. C'est là, entre horizons de céréales et lignes de collines, qu'elle déploie son paysage urbain en deux temps : une médina aux ruelles serrées héritée de dix siècles d'histoire, et une ville nouvelle où l'art déco marque encore les façades de son passage colonial. La photographie Sans titre-22.jpg, classée « Photographie 66 : vue sur Oujda », saisit précisément cette dualité : toits ocre, minarets vertigineux et, au-delà, la plaine qui s'étire jusqu'à l'horizon.
Où situer Oujda dans la région de l'Oriental ?
La région de l'Oriental est l'une des douze régions administratives du Maroc et la plus orientale de toutes. Oujda en est le chef-lieu, mais aussi le carrefour historique qui relie le Rif, le Haut Atlas oriental et l'Algérie voisine. La ville repose sur une position stratégique ancienne : elle commande l'accès à la plaine de l'Angad, terre fertile et historically convoitée, tandis que les monts des Beni-Snassen lui servent d'écrin au sud. Cette géographie explique son rôle de place forte, de marché et de carrefour culturel. Berbère, arabe, andalouse, africaine et méditerranéenne, Oujda a toujours été une ville de passages, où les routes du sel, des dattes et des tissus se croisaient avant de repartir vers Tlemcen, Fès ou Nador. Aujourd'hui encore, son aéroport international et ses liaisons ferroviaires en font la porte d'entrée la plus directe vers l'Est marocain.
Quelle est l'histoire de cette photographie de la ville ?
La vue saisie dans Sans titre-22.jpg appartient à une série consacrée à la galerie photos Oujda à visiter. Elle offre un panorama typique de la ville : on devine les terrasses de la médina, le minaret de la mosquée Sidi Yahya dressé au-dessus des toits, et, plus loin, les alignements réguliers de la ville nouvelle. Le cliché, probablement pris depuis un point haut du vieux quartier ou d'un belvédère, capture l'heure où la lumière rasante colore les murs en terre. Il évoque les cartes postales des années 1920-1930, quand les voyageurs découvraient Oujda comme une escale exotique entre l'Algérie et le Maroc. En arrière-plan, la plaine de l'Angad apparaît comme une mer verte ou dorée selon les saisons, soulignant le contraste entre la densité de la ville et l'immensité agricole qui l'entoure. Cette image dit autant l'histoire du patrimoine bâti que la relation intime d'Oujda avec son territoire.
Que voir dans la médina et autour de la place Moulay El Médi ?
Le cœur historique d'Oujda se concentre dans sa médina, un dédale de rues couvertes, de souks aux parfums de cumin et d'henné, et de fondouks où le temps semble suspendu. Deux repères orientent immédiatement le visiteur. Le premier est la mosquée Sidi Yahya, fondée au XIIe siècle et plusieurs fois restaurée. Son minaret octogonal domine le quartier et reste un symbole de la résilience religieuse et architecturale de la ville. Le second est la place Moulay El Médi, véritable poumon de la vieille ville, où les cafés et les échoppes se mêlent au passage des habitants. Autour de cette place, on trouve les vestiges des remparts, les portes anciennes comme Bab El Aghouat, et des demeures aux portes sculptées qui témoignent d'une société rurale enrichie par le commerce. Se perdre dans ces ruelles, côtoyer les artisans du cuir, les marchands de dattes et les calligraphes des écoles coraniques, reste l'une des expériences les plus authentiques du patrimoine oujdi.
Qu'est-ce que l'art déco oujdi et où le remarquer ?
En quittant la médina, le visiteur pénètre dans une autre époque. Sous le Protectorat, au début du XXe siècle, Oujda connut une phase d'urbanisme moderne qui dessina la ville nouvelle : boulevards rectilignes, immeubles d'angle, hôtels et demeures de fonction. L'art déco, importé depuis la métropole et réinterprété localement, laisse encore ses empreintes sur les ferronneries, les portes en bois géométriques, les frises et les façades en staff. L'ancien hôtel de ville, le quartier administratif autour de l'avenue Mohammed V, ou encore les villas de la périphérie centrale conservent des détails dignes d'une promenade d'architecture. Cet héritage n'est pas un simple décor : il raconte la modernisation forcée, les élites locales, les commerçants italiens et la présence militaire qui façonnèrent Oujda entre 1912 et les années 1950. Mêlé aux influences andalouses et mauresques, ce patrimoine hybride donne à la ville son caractère unique, loin des clichés touristiques.
Que faire aux portes d'Oujda : plaine de l'Angad et Beni-Snassen ?
La découverte d'Oujda ne s'arrête pas aux remparts. À l'est et au nord, la plaine de l'Angad s'étend en vastes champs de blé, d'orge et d'oliviers, irriguée par des oueds qui descendent des montagnes. Au printemps, elle offre des horizons verdoyants parsemés de khettaras et de douars, parfaits pour une escapade à la campagne. Au sud, les monts des Beni-Snassen dressent leurs crêtes boisées, refuge de la biodiversité et des traditions berbères. Des villages comme Tafoughalt ou Aïn Beni Mathar invitent à la randonnée, aux sources thermales et aux rencontres avec les communautés rurales. Entre plaine et montagne, la région de l'Oriental révèle une autre facette du Maroc : plus sauvage, plus rurale, mais tout aussi hospitalière. Pour le visiteur qui reste quelques jours, ces excursions complètent idéalement la visite de la ville.
Pourquoi Oujda mérite-t-elle le détour ?
Oujda est une ville qu'on ne visite pas par hasard, mais qu'on choisit par curiosité. Elle ne ressemble à aucune autre cité marocaine : ni la grande mégalopole du sud, ni le port méditerranéen, ni la ville impériale du centre. Capitale de la région de l'Oriental, elle garde l'âme d'une place-frontière, oscillant entre le souvenir des caravanes, l'éclat colonial de l'art déco et la vitalité de sa médina. Entre la mosquée Sidi Yahya, la place Moulay El Médi, les paysages de la plaine de l'Angad et les sentiers des Beni-Snassen, elle constitue un patrimoine vivant et accessible. La photographie Sans titre-22.jpg n'en est qu'un aperçu : pour comprendre Oujda, encore faut-il arpenter ses rues, goûter son pain aux graines de sésame, écouter son raï et lever les yeux vers ses minarets. L'Oriental commence ici, et il commence par Oujda.
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