Oujda est la capitale naturelle de la région de l'Oriental, lovée dans l'extrême nord-est du Maroc, à quelques kilomètres seulement de la frontière algérienne. Ville de passage, carrefour des influences méditerranéennes et maghrébines, elle déploie un patrimoine méconnu où l'on trouve une médina millénaire, des façades art déco, des mosquées anciennes et des paysages de plaine de l'Angad et de montagnes. Loin des circuits touristiques les plus fréquentés, Oujda séduit par son authenticité, son rythme de vie et ses trésors d'architecture.

Où se trouve Oujda et quel est son paysage ?

Oujda s'étend à l'orée de la plaine de l'Angad, une vaste dépression fertile qui s'ouvre vers l'est en direction de l'Algérie. Au nord et au sud, les contreforts du massif des Beni-Snassen dessinent un horizon ondulé, parsemé de forêts de chênes-lièges et de villages blottis contre les collines. Le climat y est continental : des étés torrides, des hivers où le vent froid descend des montagnes, et des printemps brefs mais lumineux. Cette situation, à la croisée des plaines et des hauteurs, a fait d'Oujda un lieu de commerce et de halte depuis l'Antiquité.

Quelle est l'histoire de la médina d'Oujda ?

La fondation d'Oujda est traditionnellement attribuée au XIIe siècle, sous l'impulsion de la dynastie Almohade, bien que le site ait été occupé bien avant. La médina s'organise autour de la mosquée Sidi Yahya, fondée en 1335 par le sultan mérinide Abou el-Hassan. Cette mosquée, avec son minaret octogonal et son décor de zellige, reste l'un des édifices les plus anciens de la ville. Au fil des siècles, Oujda fut le théâtre de rivalités entre dynasties marocaines et pouvoirs ottomans voisins. La cité fut plusieurs fois rasée et reconstruite, ce qui explique la densité de son tissu urbain, fait de ruelles étroites, de passages voûtés et de petites places ombragées. Les souks y vendent encore des épices, des tapis de l'Oriental et des poteries aux motifs géométriques hérités des traditions locales.

Que révèle l'architecture art déco d'Oujda ?

Sous le Protectorat français, entre 1912 et 1956, Oujda connut une transformation profonde. Les autorités coloniales firent de la ville un pôle administratif et militaire stratégique, proche de la frontière algérienne. Elles tracèrent de larges avenues, plantèrent des alignements d'arbres et élevèrent des bâtiments d'inspiration art déco et néo-mauresque. Le boulevard Mohammed VI, anciennement boulevard de la République, conserve plusieurs de ces façades aux lignes géométriques, aux ferronneries stylisées et aux bow-windows. L'ancien hôtel de ville, le tribunal et certains immeubles bourgeois témoignent de cette époque où l'architecture européenne dialoguait avec les motifs arabo-andalous. Cette dualité donne à Oujda son caractère unique : une ville marocaine où le XXe siècle a laissé une empreinte visible et élégante.

Que faut-il voir à Oujda aujourd'hui ?

Le visiteur moderne trouve à Oujda une succession de quartiers et de monuments qui racontent son histoire. La place Moulay El Médi, au cœur de la ville nouvelle, constitue le point de rendez-vous des habitants. Animée le soir, bordée de cafés et de passages commerçants, elle offre une respiration entre la médina et les avenues plus récentes. Non loin de là, le marché central exhale les odeurs de l'huile d'olive, des olives de l'Oriental, des fromages de chèvre et des pains cuits au four traditionnel. Pour les amateurs d'art, le musée de l'Oujda, installé dans un palais makhzen du XIXe siècle, présente des collections d'ethnographie, de céramiques et de manuscrits. La mosquée Sidi Yahya, bien qu'accessible aux musulmans seuls pour la prière, demeure un repère incontournable du patrimoine religieux de la région.

Quels paysages entourent la ville ?

Au-delà des remparts, Oujda ouvre sur des territoires variés. Les Beni-Snassen, surnommées les « Alpes de l'Oriental », offrent des sentiers de randonnée entre gorges, forêts et sources. Le village de Zegzel, à une dizaine de kilomètres, est célèbre pour ses eaux fraîches et ses terrasses ombragées. Plus à l'est, la plaine de l'Angad se déploie en champs de blé, d'orge et d'oliviers, ponctués de ksour et de douars. Cette campagne, travaillée par une agriculture ancestrale, constitue le poumon économique et visuel de la région. Loin de l'agitation des grandes métropoles, ces espaces invitent à la promenade, à la découverte des villages et à la dégustation des produits du terroir.

« Oujda ne se visite pas seulement, elle se ressent : dans le bruit des souks, dans la lumière de l'Angad, dans le silence des ruelles de la médina. »

Pourquoi Oujda mérite-t-elle le détour ?

Parce qu'elle offre une façon différente de comprendre le Maroc. Ni trop touris­tique ni figée dans le temps, la ville mêle patrimoine andalou, héritage colonial, vie citadine et nature préservée. Elle constitue une porte d'entrée idéale vers l'Oriental, avec ses montagnes, ses plaines et ses traditions vivantes. Pour celui qui cherche l'authenticité, Oujda réserve des rencontres, des saveurs et des paysages qui ne s'oublient pas.

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