Oujda est la capitale de la région de l'Oriental, l'extrême est du Maroc, posée à quelques kilomètres de la frontière algérienne, au seuil de la plaine de l'Angad et au pied des monts Beni-Snassen. Si le cliché intitulé « horizon de l'Oriental » capte une lumière large et des perspectives sans fin, c'est bien parce que la ville offre ce spectacle rare : un territoire où le passé méditerranéen, la présence coloniale et les vastes paysages de l'Est se superposent en un seul regard.
Où se trouve Oujda et que révèle l'horizon de l'Oriental ?
Située à environ 450 kilomètres à l'est de Rabat et à 15 kilomètres de la frontière algérienne, Oujda occupe une position de carrefour historique. La région de l'Oriental qu'elle domine s'étend du littoral méditerranéen, avec Nador et Al-Hoceïma, jusqu'aux confins du Haut Atlas oriental et des montagnes boisées des Beni-Snassen. C'est une terre de transition : entre le Tell algérien et le plateau marocain, entre les influences arabe, berbère, andalouse et, plus tard, européenne.
L'horizon que dévoile la photographie n'est pas seulement esthétique. Il raconte la géographie d'une ville bâtie sur un plateau ouvert, exposée aux vents du nord-est et aux variations lumineuses qui traversent la plaine de l'Angad. Le ciel y paraît plus vaste, les lignes de fuite plus longues. C'est ce sentiment d'ampleur qui accueille le voyageur, qu'il arrive par la route, par le train ou par l'aéroport Angads : Oujda se présente d'abord comme une promesse d'espace.
Quelle histoire a façonné la capitale de l'Oriental ?
La fondation d'Oujda remonte au Xe siècle, lorsque Ziri ibn Atiyya, chef des Maghraoua, décida d'édifier une ville fortifiée à la croisée des routes caravanes reliant Fès, Tlemcen et l'Ifriqiya. Au fil des siècles, la cité subit les assauts des Almohades, des Mérinides, des Wattassides, puis des Ottomans, avant de devenir un enjeu majeur de la pénétration coloniale européenne au XIXe siècle.
C'est sous le Protectorat espagnol, établi en 1912 sur le nord et l'est du Maroc, qu'Oujda connaît sa transformation urbaine la plus marquante. Entre 1912 et 1956, la ville se modernise : un nouveau tracé urbanistique est imposé à côté de la médina, des boulevards sont percés, des bâtiments administratifs et des résidences bourgeoises s'élèvent dans un style mêlant art déco, néo-mauresque et modernisme colonial. Cette double ville — l'ancienne en terre ocre et la nouvelle en béton et stuc — constitue aujourd'hui l'essence du patrimoine oujdi.
« Oujda, c'est une ville qui regarde à la fois vers Fès et vers Tlemcen ; son histoire est celle d'un dialogue permanent entre deux rives de l'Oriental. »
Que découvrir dans la médina et autour de la place Moulay El Médi ?
Le cœur ancien d'Oujda demeure sa médina, un tissu de ruelles étroites, de souks couverts et de fondouks où résonnent encore les métiers traditionnels. On y trouve des artisans travaillant le cuir, le cuivre et les textiles, ainsi que des échoppes parfumées aux épices, aux olives et aux dattes de la région. La promenade dans la médina n'est pas un spectacle figé : c'est un espace de vie quotidienne, où les habitants font leurs courses, prennent le thé à la menthe et discutent sur les pas des portes.
Aux abords, la place Moulay El Médi constitue un repère incontournable. Battante et populaire, elle concentre cafés, terrasses et commerces, et sert de point de rencontre entre la vieille ville et les quartiers modernes. C'est souvent là que commence la découverte d'Oujda : un café express sur une terrasse, l'observation du va-et-vient, puis la descente vers les ruelles de la médina ou la montée vers les boulevards art déco.
Pourquoi l'art déco transforme-t-il la promenade en voyage dans le temps ?
En quittant la médina, le visiteur pénètre dans un autre siècle. Les rues du centre-ville d'Oujda conservent un ensemble remarquable de façades art déco, héritage de l'urbanisme colonial des années 1920 à 1940. Immeubles à bow-windows, portes en fer forgé, moulures géométriques, motifs ziggourat et vitraux colorés se succèdent le long des artères comme le boulevard Mohammed VI ou l'avenue Allal Ben Abdellah. Certains édifices publics, comme le Palais de Justice ou l'ancien hôtel de ville, mêlent ce style à des éléments néo-mauresques, créant une architecture hybride propre à l'Oriental.
Ce patrimoine n'est pas qu'un décor : il raconte l'époque où Oujda était une plaque tournante administrative, militaire et commerciale de la zone orientale du Maroc. Aujourd'hui, ces façades vieillissantes attendent une restauration ambitieuse, mais elles conservent un charme puissant pour quiconque sait lever les yeux.
Que voir aux portes de la ville, entre plaine de l'Angad et Beni-Snassen ?
Les environs immédiats d'Oujda méritent autant l'attention que le centre. Au sud et à l'est s'étend la plaine de l'Angad, l'une des terres agricoles les plus fertiles du Maroc. Blés, orangers, oliviers et vignes y dessinent un paysage de mosaïque verte, ponctué de douars et de fermes. C'est ici que l'horizon photographique prend tout son sens : une immensité cultivée, structurée par les routes de campagne et les canaux d'irrigation, sous une lumière souvent limpide.
Plus loin, au sud-est, se dressent les Beni-Snassen, une chaîne montagneuse couverte de chênes-lièges, de pins et de maquis. Ce massif, relativement méconnu du grand tourisme, offre des sentiers de randonnée, des villages berbères et des panoramas qui dominent la plaine. Les amateurs de nature, de botanique et de silence y trouvent une alternative fascinante aux circuits classiques. Entre Oujda et les Beni-Snassen, le contraste est total : ville de pierre et de ciment d'un côté, forêts, grottes et vallées de l'autre.
- Mosquée Sidi Yahya : un des lieux de culte les plus anciens et les plus respectés de la ville, situé dans la médina et associé à la mémoire spirituelle d'Oujda.
- Place Moulay El Médi : le carrefour animé entre vieille ville et centre colonial.
- Art déco oujdi : un patrimoine architectural à découvrir à pied dans les rues du centre.
- Plaine de l'Angad et Beni-Snassen : deux échappées naturelles pour prolonger la visite au-delà des remparts.
Pourquoi Oujda mérite-t-elle qu'on s'y attarde ?
Oujda n'est pas une destination de passage : elle est une ville qu'il faut décrypter. Son patrimoine double — médina et art déco —, son ancrage dans la région de l'Oriental, sa proximité avec la plaine de l'Angad et les Beni-Snassen en font une étape à part. Entre la mosquée Sidi Yahya, la place Moulay El Médi et les horizons infinis de l'Est, Oujda offre une expérience de voyage à la fois intime et géographique. Comme le suggère ce cliché « horizon de l'Oriental », la ville invite à lever les yeux, à percer les strates du temps et à marcher jusqu'où la lumière du Levant porte le regard.
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