La photographie Sans titre-20 d.jpg, publiée dans la galerie Oujda.net sous la mention « Photographie 55 : tourisme à Oujda », nous donne à voir bien plus qu'un simple cliché de voyage. Elle capture l'âme d'une ville de l'extrême nord-est du Maroc, à la frontière de l'Algérie, où la plaine de l'Angad rencontre les premiers contreforts du massif des Beni-Snassen. Oujda est une cité de contrastes doux : l'une des plus anciennes villes du royaume, tournée vers l'Est, habitée par une mémoire berbère, arabe et méditerranéenne, et réinventée au XXe siècle sous les traits élégants de l'art déco. Pour le visiteur, c'est une porte d'entrée sur la région de l'Oriental, un territoire encore secret, riche en patrimoine, en paysages et en hospitalité.

Où se trouve Oujda et pourquoi sa position géographique est-elle si importante ?

Oujda se situe à près de 350 kilomètres à l'est de Fès et à une centaine de kilomètres de la mer Méditerranée. La ville s'étire au pied du massif des Beni-Snassen, une barrière montagneuse aux forêts de chênes-lièges et de pins qui sépare la côte de l'intérieur. À l'est, s'ouvre la plaine de l'Angad, vaste terre d'oliviers et de céréales que l'oued Moulouya irrigue depuis des siècles. Cette situation fait d'Oujda un carrefour ancien entre le Maghreb central, l'Algérie et le nord-ouest de l'Afrique. Dès le Moyen Âge, les caravanes y passaient, les marchands y troquaient des tissus, des épices et des chevaux. Aujourd'hui encore, l'aéroport et la voie ferrée rappellent que la ville reste un nœud de communication, une entière ouverte sur l'Oriental et au-delà, sur le reste du Maroc.

Quelle histoire se lit encore dans la médina et sur la place Moulay El Médi ?

Fondée au Xe siècle, Oujda a connu les grandes dynasties qui ont façonné le Maroc : Almoravides, Almohades, Mérinides, Saadiens, puis Alaouites. Chacune a laissé des traces dans le tissu urbain, dans les noms des quartiers, dans la mémoire des habitants. C'est dans la médina que cette histoire se lit le mieux. On y pénètre par d'anciennes portes, on y déambule dans des ruelles couvertes où s'alignent les boutiques des artisans, les boulangeries au four à bois, les étals d'épices. Le marché n'est pas une décor : il est le poumon de la ville, un lieu de vie où les Oujdis se retrouvent du lever du jour jusqu'à la nuit tombée.

Au cœur de ce passage millénaire se trouve la place Moulay El Médi, espace public emblématique autour duquel gravitent cafés, commerces et patrimoine religieux. C'est un point de rendez-vous, un carrefour de récits. Le nom évoque la sainteté locale et la continuité d'un culte qui unit la mémoire des saints patrons aux rythmes du quotidien. À quelques pas, la mosquée Sidi Yahya, avec son histoire attachée à la figure de Jean-Baptiste transposée dans la tradition islamique locale, constitue l'un des lieux de dévotion les plus anciens et les plus respectés d'Oujda. Même si les sources historiques varient, l'importance spirituelle du site traverse les siècles et en fait un élément incontournable du patrimoine religieux de la ville.

Que cachent les façades art déco et les monuments anciens d'Oujda ?

Le visiteur qui traverse le centre-ville découvre vite une autre facette d'Oujda : celle du protectorat français et des années 1920-1950, où la ville nouvelle s'est construite avec des immeubles d'art déco, des hôtels aux ferronneries géométriques, des villas aux balcons arrondis, des portes d'entrée ornées de mosaïques et de motifs floraux stylisés. Ce style, rarement associé au Maroc dans l'imaginaire collectif, transforme plusieurs artères oujdies en un musée à ciel ouvert. Les balcons en fer forgé, les corniches en escalier, les vitreries colorées et les enseignes anciennes racontent l'ambition coloniale de faire d'Oujda une ville moderne, propre, ordonnée, ouverte sur la Méditerranée.

Cette époque a aussi laissé des bâtiments publics, des écoles, des casernes et des logements ouvriers. Mais elle n'a pas effacé le passé ancien. L'architecture traditionnelle, avec ses patios, ses murs en pisé, ses toits de tuiles vernissées et ses ornements en bois sculpté, continue de vivre dans les vieux quartiers. La coexistence de l'art déco et de l'habitat ancestral fait d'Oujda un terrain d'étude précieux pour les historiens de l'architecture et un terrain d'émerveillement pour le promeneur attentif.

Que voir et vivre à Oujda aujourd'hui ?

Oujda mérite qu'on y consacre plusieurs jours. On commence par la médina, où les sens sont sollicités par les parfums du cumin, de la cannelle et du savon noir, par les couleurs des tapis et des babouches, par les bruits des marteaux des dinandiers. On s'arrête dans un café de la place Moulay El Médi pour boire un thé à la menthe et observer la vie qui passe. On visite la mosquée Sidi Yahya, en respectant les heures de prière, et on laisse le temps à la méditation que procure un lieu chargé de spiritualité.

Ensuite, on s'échappe vers la plaine de l'Angad, où les champs d'oliviers et de blé dessinent des horizons dorés au coucher du soleil. Plus au nord, les monts des Beni-Snassen offrent des randonnées en forêt, des sources fraîches et des villages berbères où l'on déguste du miel, des figues et des pains cuits au feu de bois. La région de l'Oriental, moins fréquentée que le Sud marocain, garde une authenticité rare : ses marchés de campagne, ses fêtes populaires, sa musique andalouse et ses traditions culinaires méritent le détour. Parmi les plats à ne pas manquer, citons la harira oujdia, les brochettes d'agneau, les pâtisseries aux amandes et les olives de l'Angad, réputées dans tout le pays.

Pourquoi la galerie Oujda.net est-elle une invitation à découvrir l'Oriental ?

La photographie Photographie 55 : tourisme à Oujda, comme les autres clichés rassemblés par Oujda.net, joue un rôle essentiel : elle donne envie de partir. Elle ne montre pas la ville sous un angle lisse et promotionnel, mais sous celui du patrimoine vécu, des rues habitées, de la lumière particulière qui baigne la région de l'Oriental. Avant même de poser le pied sur la place Moulay El Médi ou de longer les façades art déco du centre-ville, l'image projette le visiteur dans une Oujda intemporelle, entre plaines fertiles et montagnes boisées.

Oujda n'est pas une étape, c'est une porte. Derrière elle s'étend tout un pan du Maroc méconnu, fait de mémoire, de silence et de chaleur humaine.

Pour qui cherche à comprendre le Maroc autrement, loin des circuits habituels, la ville constitue un point de départ idéal. Elle permet d'explorer la plaine de l'Angad, de gravir les Beni-Snassen, de prier ou de contempler la mosquée Sidi Yahya, de se perdre dans la médina et d'apprécier une architecture du XXe siècle souvent oubliée. C'est tout ce patrimoine que la galerie Oujda.net met en lumière, image après image.

Conclusion

Oujda est une ville qui ne se contente pas d'être visitée : elle se laisse découvrir lentement, au gré des rencontres et des détours. Entre la médina séculaire, les façades art déco, la place Moulay El Médi et la mosquée Sidi Yahya, elle offre un panorama complet de l'histoire marocaine, de la fondation médiévale à la modernité coloniale. Entourée par la plaine de l'Angad et les monts des Beni-Snassen, elle reste le cœur battant de la région de l'Oriental. La photographie Sans titre-20 d.jpg n'est qu'un premier regard. Celui qui posera ses valises à Oujda comprendra vite qu'il faudra revenir, pour voir, comprendre et aimer cette ville de l'Est, authentique et hospitalière.

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