Oujda n'est pas une ville que l'on traverse par hasard. Nichée aux portes de l'Algérie et à la charnière des monts Beni-Snassen et de la plaine de l'Angad, elle se présente comme une capitale discrète mais affirmée de la région de l'Oriental. Loin des sentiers les plus fréquentés du tourisme marocain, elle offre une immersion dans un patrimoine pluriel : murailles anciennes, art déco méditerranéen, souks vivants et mémoire de la présence française. La photographie de la galerie Oujda.net, intitulée Sans titre-21 c.jpg, évoque précisément cette invitation : celle d'admirer Oujda au détour d'une lumière, d'une façade ou d'une ruelle où le passé résonne encore.
Où se trouve Oujda et que dit sa situation géographique ?
Oujda se situe dans l'extrême nord-est du Maroc, à quelque quinze kilomètres de la frontière algérienne. Cette position, pendant des siècles, a fait d'elle un lieu de commerce, de halte et parfois de tension. Au nord-ouest s'élèvent les monts Beni-Snassen, massif karstique aux paysages escarpés où les chênes-lièges et les oliviers sauvages cohabitent avec des villages berbérophones. À l'est, s'étend la plaine de l'Oriental, qu'on nomme aussi plaine de l'Angad, l'une des plus fertiles du pays. Cette plaine de l'Angad irrigue l'imaginaire agricole de la région : blé, orge, légumes et vergers façonnent une campagne généreuse, baignée par des hivers doux et des étés torrides. Oujda tire de ce cadre son caractère à la fois oasis urbaine et ville de frontière, tournée vers l'est autant que vers l'ouest marocain.
Quelle est l'histoire d'Oujda, des Berbères au protectorat français ?
Fondée selon la tradition par Ziri Ibn Atiya au Xe siècle, Oujda se développe rapidement comme un carrefour des routes transsahariennes et maghrébines. Elle devient une ville sainte, un foyer de savants, de soufis et de commerçants. Au XIIe siècle, les Almohades puis les Mérinides la fortifient ; ses remparts, aujourd'hui encore visibles dans certains tronçons, témoignent de ce passé militaire. La période moderne est plus tumultueuse : prise par les Ottomans d'Algérie, revendiquée par le Maroc, Oujda change plusieurs fois de main.
C'est en 1907, dans le contexte des crises franco-marocaines, que la ville passe sous contrôle français, avant d'être intégrée au protectorat établi en 1912. Les décennies qui suivent transforment profondément son tissu urbain. Les autorités coloniales percent de nouvelles artères, plantent des squares, édifient des administrations, une gare, des hôtels et des immeubles résidentiels. C'est à cette époque que naît le visage art déco d'Oujda : façades géométriques, ferronneries stylisées, bow-windows, motifs en zigzag et frises ornementales. Ce patrimoine, parfois négligé, fait aujourd'hui l'originalité de la ville et mérite d'être mis en valeur, car il raconte un siècle de contacts, de résistances et d'adaptations.
Que voir à Oujda aujourd'hui ?
Le visiteur curieux trouve à Oujda une succession de couches historiques que l'on peut parcourir à pied. Le point de départ naturel reste la médina. Certes plus petite que celles de Fès ou de Marrakech, elle n'en est pas moins attachante. On y pénètre par la Bab Sidi Abdelouahab, on y flâne dans des ruelles où l'on sent encore l'odeur du cuir, des épices et du pain cuit au four communal. Les artisans y travaillent le bois, le métal et le tissu avec une patiente régularité.
Non loin de là se dresse la mosquée Sidi Yahya, l'un des édifices les plus anciens et les plus vénérés de la ville. Son histoire se confond avec celle d'un saint local, Sidi Yahya, et avec la mémoire spirituelle d'Oujda. À proximité, la place Moulay El Médi constitue un autre pôle de la vieille ville : c'est un espace de rencontre, de thé à la menthe et de promenade, où les familles oujdis aiment à se retrouver le soir venu. Les terrasses des cafés observent le va-et-vient, entre vendeurs ambulants, enfants et passants pressés.
Plus à l'ouest, le quartier de la ville nouvelle révèle son héritage art déco. Le boulevard Mohamed VI, anciennement boulevard de la Gare, aligne des immeubles aux lignes épurées. La gare elle-même, datant des années 1920-1930, est un témoin discret de l'époque coloniale. Quelques édifices, comme le cinéma ou certains hôtels, affichent encore des ferronneries ou des mosaïques caractéristiques. Pour le photographe ou l'amateur d'architecture, ces rues valent le détour : chaque façade raconte un compromis entre modernité européenne et contexte marocain.
Que découvrir aux alentours d'Oujda ?
L'Oriental ne se limite pas à sa capitale régionale. Les environs d'Oujda méritent qu'on leur consacre une journée, voire davantage. Les Beni-Snassen, à une quarantaine de kilomètres, offrent des paysages de falaises, de gorges et de forêts. La source thermale de Saidia n'est qu'à quelques encablures de la côte méditerranéenne, tandis que la station balnéaire de Saïdia, surnommée la « perle bleue », invite à la détente. La plaine de l'Angad, pour sa part, se parcourt en saison par des routes bordées de champs verdoyants et de khettaras, ces canaux souterrains hérités d'une ingénierie hydraulique ancienne. L'été, les marchés de campagne regorgent de melons, de tomates, d'olives et de fromage de chèvre, produits emblématiques de l'est marocain.
Pourquoi Oujda mérite-t-elle une place dans votre itinéraire marocain ?
Oujda séduit par son authenticité. Elle ne se vend pas comme un spectacle : elle vit. Sa médina murmure des siècles de commerce et de foi ; ses façades art déco évoquent les bouleversements du XXe siècle ; sa place Moulay El Médi et sa mosquée Sidi Yahya rappellent que la ville reste un lieu de sociabilité et de dévotion. Entre Beni-Snassen et plaine de l'Angad, entre patrimoine berbère, arabe et colonial, Oujda invite à une lecture nuancée du Maroc. Pour celui qui cherche à comprendre la région de l'Oriental dans sa complexité, elle constitue un point d'entrée idéal.
« Oujda, ce n'est pas seulement une destination ; c'est une porte ouverte sur l'âme de l'Est marocain. »
Que vous soyez attiré par l'architecture, la gastronomie ou les paysages, la ville et ses environs récompensent l'attention. La galerie Oujda.net, avec ses clichés comme Sans titre-21 c.jpg, n'a de cesse de le rappeler : Oujda se regarde, se revisite et, surtout, se ressent. Alors, laissez-vous guider par la lumière de l'Oriental.
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