Posée aux portes de l'Algérie, à moins d'une centaine de kilomètres de la frontière, Oujda capte le visiteur par son caractère à part. Capitale de la région de l'Oriental, elle tutoie à la fois le Haut Atlas, la plaine de l'Angad et les contreforts des Beni-Snassen. L'image qui l'accompagne ici, issue d'un reportage sur un site touristique de l'Oriental, convoque cet entre-deux : ruelles ocre, façades soigneusement alignées, lumière de l'est qui tombe en oblique sur un patrimoine méconnu. Oujda ne se visite pas en coup de vent ; elle se découvre lentement, au fil de sa médina, de ses arcades art déco et de ses places où le thé à la menthe trône comme un rituel.
Où se trouve Oujda et quel paysage l'entoure ?
Oujda se situe dans l'extrême nord-est du Maroc, à environ 550 kilomètres de Rabat et 130 kilomètres de la Méditerranée. La ville domine la plaine de l'Angad, une étendue fertile qui fut longtemps le grenier du Maroc oriental. Au sud et à l'est, le massif des Beni-Snassen dessine une silhouette bleutée de collines boisées, ponctuée de sources et de villages blottis dans la pierre. Cette situation géographique fait d'Oujda un carrefour : elle fut tour à tour poste-frontière, entrepôt commercial et ville de garnison. Le climat y est plus continental que sur la côte atlantique : hivers frais, étés torrides, ciel souvent d'un bleu limpide qui magnifie les minarets et les terrasses.
Quelle est l'histoire qui a façonné la médina d'Oujda ?
La médina d'Oujda puise ses racines au Xe siècle, lorsque la ville devient un relais important sur les routes maghrébines. Détruite et reconstruite à plusieurs reprises au fil des siècles, elle porte encore la marque des époques tumultueuses : zirides, almoravides, mérinides et, plus tard, protectorat français, ont laissé des strates dans l'architecture et l'urbanisme. Les remparts, percés de portes comme Bab el Gharbi et Bab Sidi Yahya, ont longtemps défendu une population de commerçants, d'artisans et de lettrés. À l'intérieur, les ruelles se resserrent autour de fondouks, de hammams et de mosquées. L'une d'elles, la mosquée Sidi Yahya, reste un repère spirituel majeur. Selon la tradition, le tombeau du saint éponyme attirerait depuis des siècles des pèlerins en quête de bénédiction. L'ensemble, restauré à plusieurs reprises, mêle maçonnerie en pisé, zellige sobre et bois de cèdre sculpté.
Que révèlent les façades art déco de la ville nouvelle ?
Outre sa médina, Oujda déploie un autre visage, plus récent et tout aussi captivant : celui de la ville nouvelle, tracée sous le protectorat français à partir de 1907 puis développée dans les années 1920-1930. Architectes et urbanistes imaginèrent un plan en damier qui s'étale au nord de l'ancienne enceinte. C'est là que fleurissent les immeubles art déco, avec leurs frises géométriques, leurs balcons en fer forgé et leurs portes en bois teinté. La place Moulay El Médi, cœur battant du centre-ville, concentre cette double identité : de son côté ancien, elle ouvre sur les souks et les terrasses de la médina ; de son côté moderne, elle est bordée de cafés, de galeries et de façades soignées qui rappellent le goût des années 1930 pour la ligne claire et la symétrie. Le patrimoine d'Oujda ne se limite donc pas à l'architecture islamique : il dialogue avec une esthétique coloniale qu'il faut savoir lire pour comprendre la ville d'aujourd'hui.
Que voir à Oujda aujourd'hui, au-delà des monuments ?
La promenade à Oujda commence tôt, quand le marché central s'anime et déploie ses étals de fruits, d'olives, d'épices et de poissons venus de la côte méditerranéenne. Puis on s'enfonce dans la médina, où les artisans travaillent encore le cuivre, le cuir et le tapis. Les boutiques de babouches côtoient les ateliers de couture et les librairies anciennes. Plus loin, le jardin Lalla Aïcha et le parc Lalla Meryem offrent des haltes ombragées, appréciées des familles oujdis. Pour les amateurs de nature, les Beni-Snassen sont accessibles en une petite heure de route : sentiers de randonnée, gorges de Bab Bouidîr, villages de terre et panoramas sur l'Angad viennent compléter le séjour. Le musée de la ville, installé dans un ancien palais, rassemble des collections d'ethnographie, de céramique et de photographies qui racontent la vie quotidienne de la région de l'Oriental.
Pourquoi Oujda mérite-t-elle qu'on s'y arrête ?
Oujda ne joue pas la carte des destinations flashy. Elle séduit par son authenticité, son rythme et la richesse de ses paysages. Entre la chaleur de la plaine de l'Angad et la fraîcheur des Beni-Snassen, entre les prières de la mosquée Sidi Yahya et les discussions animées de la place Moulay El Médi, la ville offre une expérience marocaine à taille humaine. Son patrimoine, tissé de médina, d'art déco et de traditions vivantes, en fait une escale idéale pour qui veut comprendre l'âme de la région de l'Oriental. Alors, avant de filer vers les plages de Saidia ou les montagnes de l'Atlas, prenez le temps de vous perdre dans ses ruelles. Oujda récompense toujours les visiteurs curieux.
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