La photographie Sans titre-24.jpg capture l'âme d'Oujda, ville de l'est du Maroc, porte du région de l'Oriental. Pour le visiteur, Oujda se révèle comme un carrefour où le patrimoine arabe-andalou rencontre les lignes géométriques du XXe siècle. Entre ruelles de la médina, façades art déco et horizons de la plaine de l'Angad, elle mérite bien plus qu'un simple passage.
Où se trouve Oujda et pourquoi cette ville compte-t-elle ?
Oujda s'étend à l'extrême nord-est du Maroc, à une quinzaine de kilomètres de la frontière algérienne et à proximité de la Méditerranée. Elle domine la plaine de l'Angad, une terre fertile qui a fait la richesse agricole de la région depuis l'Antiquité. Capitale de l'Oriental, elle fut longtemps un point de passage obligé entre le Maghreb, l'Algérie et l'Europe.
Sa position frontalière lui a valu une histoire tourmentée mais riche. Fondée puis refondée à plusieurs reprises, la cité a servi de place forte, de marché caravanier et de centre administratif. Les Romains, les Idrissides, les Mérinides, les Ottomans et enfin le Protectorat français ont laissé ici des strates que l'on peut encore lire dans le tissu urbain. Aujourd'hui, Oujda est à la fois une ville universitaire dynamique et une destination où le voyageur curieux découvre une autre facette du Maroc.
Que raconte l'histoire d'Oujda, de la médina à l'époque coloniale ?
L'actuelle médina d'Oujda remonte pour l'essentiel à la période mérinide du XIIIe-XIVe siècle, bien que des occupations antérieures soient attestées sur le site. Construite sur une colline, elle se parcourt par des ruelles enchevêtrées qui mènent à des maisons à patio, des fondouks et des échoppes de artisans. Les remparts, les bastions et les portes anciennes dessinent encore la silhouette défensive d'une cité qui devait protéger les convois et les populations.
L'arrivée du Protectorat français en 1912 transforme profondément la ville. Les autorités coloniales aménagent une ville nouvelle à côté de la médina, avec des boulevards, des jardins et des bâtiments publics. C'est dans cette Oujda moderne que fleurit l'art déco, entre les années 1920 et 1950. Cinémas, hôtels, villas bourgeoises et immeubles de rapport arborent des ferronneries stylisées, des bow-windows et des façades en gradins. Ce patrimoine du XXe siècle, encore trop méconnu, donne à Oujda une élégance singulière que l'on retrouve rarement dans les villes de l'intérieur marocain.
"Oujda, c'est deux villes en une : la cité ocre du passé et la ville blanche aux lignes parallèles du siècle dernier."
Que voir à Oujda aujourd'hui ?
La promenade commence naturellement par la médina. On y pénètre par les portes historiques, on flâne dans le souk aux tissus, aux épices et aux poteries, et l'on s'arrête devant les médersas et les zaouïas qui témoignent du rôle spirituel de la ville. La mosquée Sidi Yahya, l'une des plus anciennes du Maroc, occupe une place à part. Fondée selon la tradition au IXe siècle, elle fut reconstruite à plusieurs reprises et demeure un lieu de recueillement et de mémoire pour les habitants.
A quelques pas, la place Moulay El Médi constitue le cœur battant de la ville moderne. Bordée de cafés, de kiosques et de bâtiments de l'époque coloniale, elle accueille familles, musiciens et promeneurs du soir. C'est le point de départ idéal pour arpenter les boulevards art déco et repérer les détails architecturaux qui font le charme d'Oujda : portes en fer forgé, moulures, vitraux, terrasses en saillie.
- La médina et ses portes fortifiées
- La mosquée Sidi Yahya et ses siècles de présence
- La place Moulay El Médi, carrefour de la vie oujdie
- Les façades art déco du centre-ville colonial
- Les environs : les Beni-Snassen et la plaine de l'Angad
Que découvrir autour d'Oujda, dans les Beni-Snassen et la plaine ?
L'Oriental ne se limite pas à sa capitale. Au sud d'Oujda, le massif des Beni-Snassen offre une échappée belle dans des paysages de montagne aux pentes boisées de chênes-lièges et de pins. Les villages berbères de la région conservent des traditions vivantes, des danses, des broderies et une artisanat de terre que l'on retrouve sur les marchés locaux. Là-haut, l'air est plus frais, la lumière plus dorée, et le temps semble ralentir.
De retour dans la plaine de l'Angad, les vergers, les oliviers et les champs de céréales dessinent une campagne nourricière. C'est ici que l'on comprend la vocation agricole d'Oujda, ancien grenier du Maroc oriental. Les routes de la région mènent aussi vers des sites plus lointains : Saidia et ses plages, la vallée de la Moulouya, ou encore la frontière algérienne, témoin des liens historiques entre les deux rives du Maghreb.
Pourquoi Oujda mérite-t-elle qu'on s'y attarde ?
Parce qu'elle déjoue les clichés. Oujda n'est pas une ville de passage anonyme : elle est un livre d'histoire ouvert, une galerie d'architectures superposées, une terre de culture où l'on parle arabe, berbère et, parfois, français dans la même conversation. Son patrimoine mérite d'être valorisé, sa médina de être explorée pied à terre, ses façades art déco de être photographiées au détour d'une rue.
Pour le visiteur, la promesse est celle d'une immersion authentique. Le matin, on déguste un café dans la médina ; l'après-midi, on cherche les détails d'un immeuble des années 1930 ; le soir, on rejoint la place Moulay El Médi pour écouter la ville respirer. Et si l'envie de nature se fait sentir, les Beni-Snassen ne sont jamais bien loin.
Conclusion
La photographie Sans titre-24.jpg n'est qu'une invitation. Oujda, dans le région de l'Oriental, sur les terres de la plaine de l'Angad, au pied des Beni-Snassen, offre une expérience de voyage à la fois historique, architecturale et humaine. Entre la médina labyrinthique, la mosquée Sidi Yahya, la place Moulay El Médi et les façades art déco, la ville construit un récit singulier. Alors, la prochaine fois que vous penserez au Maroc, pensez à l'Oriental. Pensez à Oujda.
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