Oujda est la grande porte orientale du Maroc. Blottie dans la région de l'Oriental, à quelques kilomètres de la frontière algérienne, cette ville mêle l'âme d'une médina millénaire et l'énergie d'une métropole moderne. Entre la plaine de l'Angad et les monts Beni-Snassen, elle offre un patrimoine dense, des ruelles chargées d'histoire et une hospitalité légendaire. L'image Sans titre-26 b.jpg, issue de l'album photo 83 dédié au site touristique Oriental, en dit long : Oujda mérite vraiment votre prochaine escapade.

Où se trouve Oujda et quel paysage l'entoure ?

Oujda se situe à l'extrême est du royaume, à environ 600 kilomètres de Rabat et à 15 kilomètres de la frontière algérienne. Elle domine la plaine de l'Angad, une étendue fertile qui fut pendant des siècles le grenier à blé de l'Oriental. Au coucher du soleil, la lumière dorée glisse sur cette plaine, offrant des panoramas apaisants qui contrastent avec l'animation des souks.

À l'ouest, le massif des Beni-Snassen s'élève comme une barrière naturelle, parsemée de forêts de chênes-lièges et de villages berbères accrochés aux pentes. Cette proximité avec la montagne fait d'Oujda un point de départ idéal pour randonner, découvrir les gorges et goûter aux fromages de chèvre et au miel de la région. Les saisons marquent fortement la perception de la ville : l'hiver apporte parfois un froid sec venu de l'Est, tandis que le printemps revêt la plaine de l'Angad d'un vert éclatant. La région de l'Oriental, c'est avant tout un territoire de contrastes : plaines ouvertes, montagnes boisées et horizons sahariens plus au sud.

Quelle histoire se cache derrière la médina d'Oujda ?

La médina d'Oujda est l'un des témoins les plus anciens de la ville. Fondée à la fin du Xe siècle par Ziri ibn Atiya, chef de la confédération des Maghraoua, elle devint rapidement un carrefour commercial entre le Maghreb, l'Ifriqiya et le Sahara. Les caravanes y apportaient des épices, des textiles et des livres ; les érudits y fondaient médersas et bibliothèques.

Au fil des siècles, la médina subit les remous de l'histoire : sièges, reconstructions, apports andalous après l'expulsion de 1492, puis intégration au protectorat français en 1907. Sa structure reste marquée par un urbanisme islamique classique : une mosquée centrale, un souk couvert, des fondouks et des demeures aux patios secrets. Ses ruelles, parfois si étroites que deux passants doivent se croiser de biais, conservent des portes sculptées, des zelliges érodés et des arcades en pierre.

Comment l'art déco a-t-il façonné le visage moderne d'Oujda ?

Au-delà des remparts, Oujda réserve une surprise architecturale : un centre-ville construit en grande partie sous le protectorat français, entre 1910 et les années 1950. Les grands boulevards, l'ancienne gare et certains hôtels affichent des façades art déco, avec des lignes géométriques, des ferronneries ornementales et des bow-windows typiques de l'époque.

Ce mélange donne à Oujda une personnalité unique au Maroc. On passe d'une ruelle médiévale à une avenue haussmannienne en quelques minutes. La place Moulay El Médi, ancien cœur colonial devenu espace public populaire, illustre bien cette hybridation. Autour de ses bancs et de ses terrasses, les habitants se retrouvent pour boire un thé, discuter ou écouter les musiciens ambulants. Ce dialogue entre patrimoine islamique et architecture moderne fait de la promenade un véritable voyage dans le temps.

Que faut-il voir et vivre à Oujda aujourd'hui ?

Pour découvrir le patrimoine de la ville, plusieurs haltes s'imposent. En premier lieu, la mosquée Sidi Yahya, située à l'entrée de la médina. Fondée au XIIe siècle par les Almohades puis remaniée au fil du temps, elle porte le nom d'un saint vénéré de la région. Son minaret, visible de loin, reste un repère pour les habitants comme pour les visiteurs.

Ensuite, flânez dans le souk d'Oujda. Les marchés par thème — épices, cuir, tapis, fruits secs — reproduisent l'ancienne organisation corporative. Les artisans d'Oujda sont réputés pour leur travail du cuir, la broderie et la céramique. N'oubliez pas le quartier de Dar el-Oued, les jardins Lalla Aïcha et, plus au large, le parc naturel des Beni-Snassen. Là-bas, la faune et la flore du Rif oriental offrent une évasion verte à moins d'une heure de la ville.

La cuisine d'Oujda est marquée par les terroirs voisins. On y mange des pastilla salées, des tajines parfumés au fenouil et à l'olive, et des pâtisseries à base d'amandes et de miel. Le thé à la menthe accompagne chaque conversation. Le vendredi, les familles se retrouvent autour de couscous aux sept légumes. La musique gharnati, héritée d'Al-Andalus, résonne lors des mariages et des fêtes. Les soirées estivales attirent les familles vers le parc Lalla Aïcha, tandis que les terrasses de la place Moulay El Médi restent animées jusqu'à tard.

Pourquoi Oujda mérite-t-elle votre prochaine escapade ?

Oujda n'est pas une étape de passage : c'est une destination à part entière. Entre médina millénaire, façades art déco, monts Beni-Snassen et plaine de l'Angad, la ville condense ce que la région de l'Oriental a de plus authentique. Elle offre un patrimoine vivant, des paysages variés et une culture ancrée dans l'échange et l'hospitalité.

Que vous soyez amateur d'histoire, passionné d'architecture ou simple voyageur en quête de découvertes, Oujda vous accueille avec ses portes ouvertes. Laissez-vous surprendre par ses contrastes, empruntez ses ruelles embaumées d'épices et levez les yeux vers le minaret de la mosquée Sidi Yahya. L'Oriental vous attend, plus riche et plus accueillant que jamais.

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