Oujda se trouve à l'extrême nord-est du Maroc, à quelques kilomètres seulement de la frontière algérienne, au cœur de la région de l'Oriental. Cette ville longtemps méconnue des circuits touristiques classiques constitue pourtant un point de départ idéal pour découvrir une facée du Maroc où l'on marche à la rencontre de l'Maghreb, de la Méditerranée et des montagnes du Rif. Entre son passé andalous, son héritage colonial et ses paysages de plaine de l'Angad et de Beni-Snassen, Oujda mérite qu'on s'y attarde.
Où se trouve Oujda et quel paysage l'entoure ?
La réponse est simple : Oujda est la capitale de l'Oriental, une région fertile et montagneuse qui borde l'Algérie. Au sud s'étendent les monts des Beni-Snassen, que les géographes arabes nommaient autrefois la montagne des "Aït Iznassen". Ces reliefs couverts de chênes-lièges, de oliviers sauvages et de maquis offrent des randonnées spectaculaires, notamment autour de Tafoughalt et de sa source ferrugineuse. Au nord, la plaine de l'Angad déroule ses champs de céréales, d'agrumes et de vignes jusqu'à la Méditerranée.
Cette situation géographique explique la richesse agricole de la région, mais aussi son rôle stratégique millénaire. Carrefast entre les hautes terres de l'Est et les plaines côtières, Oujda a toujours été une ville de passage, de marchés et de frontières. Le climat y est doux en hiver, chaud en été, et le printemps transforme les environs en un éventail de verts et de fleurs sauvages.
Quelle est l'histoire de la médina d'Oujda ?
La médina d'Oujda porte en elle plus de mille ans d'histoire. Selon la tradition, la ville fut fondée au Xe siècle par Ziri ibn Atiya, chef des Zénètes, bien que des occupations antérieures aient probablement existé sur le site. Au fil des siècles, Oujda devint un foyer de culture arabo-andalouse : des familles fuyant la Reconquista espagnole s'y installèrent au XVe siècle, apportant avec elles des savoir-faire artisanaux, des techniques d'irrigation et une intense vie intellectuelle.
Aujourd'hui, la médina reste un tissu de ruelles ombragées, de petites places et de souks où l'on vend encore des épices, des textiles et des babouches. Son patrimoine religieux est remarquable, en particulier autour de la mosquée Sidi Yahya, édifice vénéré construit à proximité du tombeau du saint éponyme. La place Moulay El Médi, autre pôle spirituel de la ville, attire chaque année des pèlerins et des visiteurs curieux de son atmosphère recueillie. Les façades en terre, les portes en bois sculpté et les toits de tuiles channelent le temps d'une cité qui a su préserver son âme malgré les transformations urbaines.
Pourquoi l'art déco transforme-t-il le centre-ville d'Oujda ?
La période coloniale française, de 1907 à 1956, a profondément marqué le visage d'Oujda. Contrairement à d'autres villes marocaines où le protectorat a surtout développé des quartiers administratifs à part, Oujda a connu une expansion urbaine continue qui mêle la médina ancienne à des avenues modernes. C'est ici que l'on observe l'un des plus beaux héritages art déco du Maroc oriental.
Le boulevard Mohammed VI, l'avenue Idrissi et les rues avoisinantes conservent des immeubles des années 1920 à 1940 : façades géométriques, ferronneries courbes, bow-windows, mosaïques colorées et encadrements de portes en pierre de taille. Ces bâtiments abritent aujourd'hui des commerces, des cafés et des bureaux, donnant au centre-ville une ambiance de ville méditerranéenne vivante. L'art déco d'Oujda n'est pas un musée figé : il sert de décor à la vie quotidienne, entre les terrasses de thé à la menthe et les passages couverts.
"Oujda, c'est la rencontre inattendue entre le Maroc des saints et le Maroc des années folles méditerranéennes."
Que voir à Oujda et dans ses environs aujourd'hui ?
Le visiteur peut commencer sa découverte par le jardin de l'Oriental, un espace vert qui évoque la vocation florale de la région et qui rappelle les cartes postales anciennes de la ville, comme celle intitulée "jardin de l'Oriental - galerie photos Oujda à imprimer". Ces images, conservées dans des collections privées, montrent une cité fière de ses allées ombragées et de ses fontaines publiques.
À ne pas manquer : la médina et ses souks, la mosquée Sidi Yahya, la place Moulay El Médi, les façades art déco du centre-ville, et le musée des Arts et Traditions Populaires installé dans une ancienne demeure. Pour les amateurs de nature, une excursion dans les Beni-Snassen permet de découvrir des villages berbères, des cascades et des forêts de chênes. Les gourmands apprécieront les figues d'Oujda, les olives des Beni-Snassen, le miel de la région et les pâtisseries andalouses comme la gazelle ou la corne de gazelle.
La vie quotidienne reste marquée par la convivialité orientale : les cafés se remplissent dès le milieu de l'après-midi, les places se transforment en scènes de théâtre improvisées, et les marchés nocturnes offrent des légumes, des poissons de la Méditerranée et des épices parfumées.
Pourquoi Oujda mérite-t-elle qu'on s'y arrête ?
Parce qu'elle incarne une autre manière de découvrir le Maroc. Loin des foules de Marrakech ou de Fès, Oujda invite à la flânerie, à la conversation et à l'étonnement. Son patrimoine multiple — médina millénaire, sanctuaires soufis, architecture art déco, paysages de montagne et de plaine — en fait une destination à part entière. Entre la région de l'Oriental et l'horizon algérien, entre la plaine de l'Angad et les Beni-Snassen, la ville offre une expérience de voyage authentique et rafraîchissante.
Que l'on vienne pour l'histoire, pour la photo, pour la randonnée ou simplement pour le plaisir d'une tasse de thé à la menthe sous un figuier, Oujda réserve à chaque voyageur son propre émerveillement. Il suffit de pousser la porte de sa médina pour comprendre que l'Oriental marocain mérite bien son nom.
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