Où se trouve Oujda ? À l'extrême nord-est du Maroc, dans la région de l'Oriental, à une quinzaine de kilomètres de la frontière algérienne. Bâtie sur une eminence qui domine la plaine de l'Angad, la ville capte la lumière de l'orient tandis que le massif des Beni-Snassen se profile à l'horizon. Surnommée la « ville aux cent villages » dans l'imaginaire populaire, elle est le carrefour naturel entre le Maghreb et l'Ouest algérien. C'est précisément dans ce décor que s'inscrit la photographie Sans titre-23 a.jpg, intitulée en légende Cliché 67 : coin pittoresque de Oujda. Un angle de rue, une arcade, une ombre portée : l'image saisit ce que le patrimoine de Oujda offre au promeneur patient, entre intimité de la médina et respiration coloniale.
Où se situe Oujda dans le grand récit marocain ?
L'histoire de Oujda remonte à l'Antiquité. Des textes géographes arabes évoquent déjà une agglomération au carrefour des routes transsahariennes. Mais c'est avec la période zénète et méridinide que la ville connaît son âge d'or médiéval. Au XIIe siècle, elle devient un foyer religieux et commercial. La fondation de la mosquée Sidi Yahya, vénérée depuis des siècles, témoigne de cette importance spirituelle. Durant le Protectorat français, de 1912 à 1956, Oujda prend un visage nouveau. Les autorités coloniales modernisent le tracé urbain, percent de larges avenues et font émerger un quartier administratif aux façades géométriques. C'est ici que l'art déco laisse son empreinte : bow-windows, ferronneries, moulures et balcons en encorbellement colorent le centre-ville d'une élégance quelque peu méditerranéenne. Cette coexistence entre l'ancien et le moderne fait la singularité du patrimoine oujdi.
Que dit cette photographie du « coin pittoresque de Oujda » ?
Le Cliché 67 ne montre pas un monument célèbre. Il capture un moment de la vie ordinaire, dans un recoin où le temps semble ralentir. On devine une ruelle ombragée, des murs ocre, peut-être une porte cloutée ou une arcade ménagée dans l'épaisseur d'une façade. Ce type de composition évoque la médina de Oujda, moins touristique que celle de Fès, mais tout aussi attachante. Là, les ruelles sinueuses ménagent des surprises : un moucharabieh, une fontaine publique, l'odeur du pain traditionnel sortant du four, le bruit des artisans qui travaillent le cuivre ou le bois. La photographie invite à lever les yeux, à observer les détails, à comprendre que la beauté de Oujda réside autant dans ses grands lieux que dans ses coins pittoresques.
Que peut-on découvrir dans le cœur ancien de Oujda ?
La médina constitue le premier anneau de la ville historique. On y pénètre par des portes comme Bab Sidi Abdelouahab ou Bab el Gharbi, dont les noms rappellent les saints et les directions cardinales. Au fil des pas, le visiteur rencontre des fondouks, ces caravansérails autrefois destinés aux marchands, et des ruelles bordées de boutiques d'épices, de tissus et de céramiques. Le souk reste un lieu de sociabilité. Les conversations mêlent l'arabe dialectal oriental et quelques traces de berbère, révélant l'identité plurielle de la région de l'Oriental. Au centre de ce tissu urbain, la place Moulay El Médi offre une respiration. Elle doit son nom à un maître spirituel local et constitue un point de rencontre entre la médina et les extensions du XXe siècle. C'est autour de cette place que se nouent les promenades du soir, les thés à la menthe et les échanges de nouvelles.
Quels sont les incontournables autour de la mosquée Sidi Yahya et de la place Moulay El Médi ?
La mosquée Sidi Yahya est sans doute le monument le plus ancien et le plus respecté de Oujda. Fondée au XIIe siècle et restaurée à plusieurs reprises, elle domine le paysage urbain par son minaret de pierre et sa sobriété architecturale. Son environnement immédiat constitue un espace de recueillement où l'on perçoit la continuité entre le passé almohade et la vie religieuse actuelle. Non loin de là, la place Moulay El Médi s'anime au crépuscule. Des terrasses s'y ouvrent, des enfants circulent entre les bancs, et l'appel à la prière se mêle au bruit des scooters. Cette proximité entre le sacré et le quotidien définit l'atmosphère de Oujda. Le visiteur qui s'attarde découvre aussi des cafés historiques, des librairies anciennes et des façades art déco qui bordent l'avenue Mohammed V, témoins de l'ambition urbanistique du Protectorat.
Que découvrir dans les environs, des Beni-Snassen à la plaine de l'Angad ?
La plaine de l'Angad s'étend au sud de la ville comme un tapis d'oliviers, de céréales et de vergers. Cette richesse agricole a longtemps assuré la prospérité de Oujda et nourri son marché. Au-delà, le massif des Beni-Snassen se dresse en un paysage de collines boisées et de falaises rouges. Les amateurs de randonnée y trouvent des sentiers entre chênes-lièges, pistachiers et pins d'Alep. Le village de Zegzel, les grottes préhistoriques de la région et les points de vue sur la plaine valent le détour. Cette nature contrastée, entre plaines fertiles et reliefs accidentés, explique pourquoi la région de l'Oriental fascine les voyageurs en quête d'authenticité. On y respire un Maroc plus sauvage, moins encombré, où le patrimoine naturel dialogue avec les mémoires humaines.
« Oujda ne se visite pas seulement, elle se découvre au rythme des pas qui montent une ruelle, s'attardent sous une arcade et s'étonnent d'une façade oubliée. »
Pourquoi Oujda mérite-t-elle une place sur votre itinéraire marocain ?
Parce qu'elle offre une lecture croisée du Maroc : arabe et berbère, médiévale et coloniale, méditerranéenne et saharienne. Son patrimoine ne se réduit pas à une liste de monuments, il habite les rues, les places et les paysages. Entre la médina silencieuse, la mosquée Sidi Yahya, la place Moulay El Médi, les façades art déco et les horizons des Beni-Snassen, Oujda propose une expérience de voyage à part. La photographie Sans titre-23 a.jpg, ce Cliché 67 d'un coin pittoresque, en est l'invitation la plus simple : posez votre regard, ouvrez la porte, et laissez la ville vous raconter ses siècles de plaine de l'Angad et de région de l'Oriental.
Continuez la découverte :
Explorez la photographie associée à cet article, parcourez notre galerie photos de Oujda ou consultez notre liste complète d'articles.
