Oujda est la capitale de l'est marocain, porte du Maghreb vers l'Algérie et point de départ idéal pour explorer la région de l'Oriental. La photographie intitulée Sans titre-10.jpg appartient à l'album « Culture et traditions de l'Oriental », une galerie qui invite le visiteur à saisir l'âme de cette ville avant même d'y poser le pied. Entre ruelles de la médina, façons art déco, montagnes des Beni-Snassen et immensité de la plaine de l'Angad, Oujda offre un voyage dans le temps et dans les paysages. Son patrimoine ne se réduit pas à des monuments : il vit dans les souks, les tasses de thé, les portes anciennes et les conversations sur les terrasses.
Où se situe Oujda et quel est son cadre naturel ?
Oujda se trouve à l'extrême nord-est du Maroc, à moins de quinze kilomètres de la frontière algérienne. Elle domine la plaine de l'Angad, une vaste étendue fertile qui s'étire comme un tapis vert entre les reliefs. Au sud, les monts des Beni-Snassen dressent leurs crêtes dentelées, offrant un horizon de pierre et de chênes-lièges. Cette position géographique fait d'Oujda une ville de passage, de commerce et d'échanges depuis des siècles. Carrefancés, berbères, arabes et influences méditerranéennes s'y sont croisées, laissant une empreinte visible dans l'urbanisme, la cuisine et les dialectes locaux. La plaine, irriguée par les oueds descendants des collines, a longtemps nourri l'agriculture de la région : céréales, oliviers et vergers ont façonné le rythme de la campagne oujdie.
Quelle histoire se cache derrière la médina d'Oujda ?
La médina d'Oujda est le cœur historique de la ville. Fondée, selon la tradition, au Xe siècle autour du tombeau de Sidi Yahya, elle fut par la suite un carrefour commercial et religieux important. Les Almohades puis les Mérinides ont laissé leur marque dans son enceinte et ses portes. Au fil des siècles, la médina a connu destructions et reconstructions ; le tremblement de terre de 1791 en a particulièrement éprouvé les structures. L'enceinte actuelle, avec ses bastions et ses portes, date pour l'essentiel de la période mérinide et des restaurations postérieures.
Dans ses ruelles, le visiteur découvre une trame urbaine typique du Maghreb : rues couvertes, ruelles en escalier, fondouks, mosquées et zaouïas. La mosquée Sidi Yahya, réputée être l'une des plus anciennes du Maroc, constitue un pôle spirituel majeur. Attenante au mausolée du saint éponyme, elle attire encore des pèlerins et des fidèles. Non loin, la place Moulay El Médi constitue un autre repère du vieux centre, où l'on vient flâner, prendre un thé ou observer le va-et-vient des habitants. C'est dans ces lieux que se joue le quotidien oujdi, loin des grandes artères modernes.
Pourquoi parle-t-on d'art déco à Oujda ?
Le patrimoine d'Oujda ne se limite pas à son passé islamique médiéval. La période coloniale, amorcée au début du XXe siècle sous le Protectorat français, a profondément transformé le paysage urbain. Oujda devient alors chef-lieu de la région orientale, relais administratif et militaire entre le Maroc et l'Algérie voisine. Les autorités coloniales ont tracé un nouveau centre-ville au sud de la médina, avec des boulevards, des places et des bâtiments publics.
C'est dans ce quartier que l'on trouve une remarquable concentration d'architecture art déco et d'inspiration néo-mauresque. Immeubles aux façades géométriques, balcons en fer forgé, portes ornées de motifs stylisés, anciens hôtels et cafés aux terrasses larges : ces constructions des années 1920-1950 racontent une époque où Oujda se voulait ville moderne et méditerranéenne. Certaines façades ont conservé leurs ferronneries et leurs moulures ; d'autres, malheureusement, ont été dénaturées par des rénovations rapides. Pourtant, en levant les yeux dans les rues proches de la gare ou de l'avenue Mohammed V, le promeneur attentif reconstitue sans peine l'élégance d'autrefois.
Que voir aux alentours d'Oujda : Beni-Snassen et plaine de l'Angad ?
L'région de l'Oriental offre des escapades variées à moins d'une heure de la ville. Les monts des Beni-Snassen, culminant aux environs de 1 400 mètres, sont une destination prisée en été pour leurs forêts de chênes-lièges et leurs paysages sauvages. Les villages berbères perchés, les sources et les gorges invitent à la randonnée et à la découverte. La région est également connue pour ses troupeaux de moutons et son artisanat, notamment les tapis et les textiles.
La plaine de l'Angad, quant à elle, se parcourt en campagne. Ses champs d'oliviers, ses vergers et ses fermes traditionnelles composent une campagne riche et apaisante. Le bourg de Sidi Maâfa, avec sa zaouïa, ou les abords du barrage de Mechraâ Hommadi offrent des haltes agréables. Entre février et avril, la plaine se couvre de couleurs : coquelicots, marguerites et champs en fleur sous le ciel lumineux de l'oriental marocain. Pour le visiteur, c'est l'occasion de mesurer la diversité d'un territoire où la montagne, la plaine et la ville dialoguent en permanence.
Comment vivre la culture et les traditions de l'Oriental aujourd'hui ?
La photographie de l'album « Culture et traditions de l'Oriental » trouve tout son sens dans la vie quotidienne oujdie. Le patrimoine de la ville continue de s'exprimer à travers les souks, la musique andalouse, les associations de gnawa et les rituels de sainteté qui animent les zaouïas. Le souk d'Oujda, notamment celui des tapis et des broderies, reste un lieu de rencontre entre artisans et clients. On y trouve des djellabas brodées, des bijoux, des épices et des produits du terroir.
« Oujda, c'est une ville qu'il faut arpenter lentement : chaque porte, chaque façade, chaque tasse de thé raconte un siècle. »
La gastronomie locale participe aussi à cette immersion. La pastilla, le tajine, les fruits secs des vergers de la plaine de l'Angad, le miel des Beni-Snassen et les pâtisseries orientales composent un tableau savoureux. Les soirs d'été, les terrasses de la place Moulay El Médi ou des cafés de la ville nouvelle se remplissent de familles et de promeneurs. C'est là que le visiteur saisit le tempérament oujdi : méditerranéen, accueillant, ancré dans ses racines et tourné vers l'autre.
Pour découvrir la médina, il suffit de partir de la mosquée Sidi Yahya et de se laisser guider par les ruelles. Pour l'art déco, une promenade matinale dans le centre colonial, avant la chaleur, révèle les plus belles façades. Pour la nature, une journée dans les Beni-Snassen ou une balade à travers la plaine offre le contrepoint paysager indispensable.
Pourquoi Oujda mérite-t-elle une escapade ?
Oujda est une ville de contrastes heureux. Elle conjugue le charme d'une médina ancienne, l'élégance d'un centre art déco, la proximité des monts des Beni-Snassen et la douceur de la plaine de l'Angad. Sa situation à la lisière de la région de l'Oriental en fait une destination à part, moins fréquentée que les grandes cités impériales mais tout aussi riche en patrimoine. Entre la mosquée Sidi Yahya, la place Moulay El Médi, les souks colorés et les paysages alentour, l'escapade oujdie laisse des souvenirs marquants. Comme le suggère la galerie Oujda.net, il suffit parfois d'une photographie pour décider de partir : à Oujda, chaque image ouvre une porte sur plusieurs siècles d'histoire et de culture vivante.
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