Située à l'extrême nord-est du Maroc, à quelques encablures de la frontière algérienne, Oujda se dévoile comme une ville aux multiples visages. Ancienne cité transfrontalière, capitale historique de la région de l'Oriental, elle mêle héritage berbère, influences andalouses et empreintes coloniales dans un décor de plaine et de montagnes. Entre médina vivante, art déco oublié et paysages des Beni-Snassen, elle mérite bien mieux qu'un simple passage rapide. Envie de la découvrir autrement ? Voici ce qu'il faut savoir.

Où se trouve Oujda et quel est son paysage ?

Oujda s'étire dans la plaine de l'Angad, une vaste étendue fertile qui sert de seuil entre le Maroc et l'Algérie. Au nord et à l'est, les monts des Beni-Snassen dessinent une ligne de crêtes boisées, refuge des chênes-lièges, des cèdres et des genévriers. Cette géographie a fait d'Oujda une ville de passage obligée depuis l'Antiquité : caravaniers, soldats, marchands et voyageurs y ont laissé leur trace.

Le climat y est contrasté. En été, la chaleur de la plaine peut être accablante ; en automne et au printemps, les environs deviennent propices aux randonnées et aux haltes dans les villages de montagne. Le photographe en road trip capture souvent cette dualité : la ligne droite des routes de la plaine et, soudain, l'ombre bleue des collives au loin. C'est précisément dans ce décor que s'inscrit la Photographie 22 : road trip Oriental — un instantané de la route, du ciel ample et de la promesse d'Oujda.

Quelle est l'histoire d'Oujda et de sa médina ?

Fondée ou, du moins, fortifiée dès la période médiévale, Oujda a connu une histoire mouvementée. Berbère dans ses racines, elle fut successivement influencée par les Idrissides, les Almohades, les Mérinides puis les Saadiens. Sa position frontalière en a fait une ville convoitée, prise et reprise au fil des siècles. Au XIXe siècle, elle passa sous influence ottomane avant d'être intégrée au patrimoine de l'État marocain moderne.

La médina d'Oujda garde l'empreinte de ces strates. Ses ruelles entrelacées, ses souks parfumés de cumin et de thé à la menthe, ses portes anciennes et ses fondouks témoignent encore d'une vie de quartier intense. On y trouve des artisans du cuir, des tisserands, des marchands d'épices et des cafés populaires où l'on joue aux cartes en fin d'après-midi. Contrairement aux médinas les plus touristiques du pays, celle d'Oujda reste authentique, fréquentée avant tout par les habitants.

Se perdre dans la médina d'Oujda, c'est entendre l'Oriental parler : pas pressé, bruyant, chaleureux, habité.

Que représentent l'art déco et l'époque coloniale à Oujda ?

Le XXe siècle a profondément marqué le visage urbain d'Oujda. Pendant le contexte colonial, la ville connut un essor administratif et militaire. Les autorités de l'époque firent édifier de nouveaux quartiers, des casernes, une gare, un tribunal et de nombreuses demeures bourgeoises. C'est ainsi que l'art déco s'invita dans l'architecture oujdie, avec ses façades géométriques, ses ferronneries stylisées, ses bow-windows et ses entrées en mosaïque.

Ces bâtiments, aujourd'hui parfois délaissés, forment un ensemble singulier. En se promenant dans le centre-ville, du côté de l'avenue Mohammed VI ou des rues avoisinantes, on découvre des immeubles aux lignes épurées, des hôtels désuets aux halls en marbre et des villas arborant encore des grilles ouvragées. Cet héritage architectural, fragile mais parlant, constitue une facette méconnue du patrimoine oujdi.

  • Les immeubles administratifs des années 1920-1930.
  • Les anciens hôtels et cafés de style paquebot.
  • Les villas art déco aux jardins clos de la périphérie centre-ville.
  • La gare et les infrastructures liées au réseau ferroviaire de l'époque.

Que voir à Oujda aujourd'hui : entre spiritualité et vie de quartier ?

Le visiteur curieux trouvera à Oujda de nombreux repères. Au cœur de la ville ancienne se dresse la mosquée Sidi Yahya, l'un des monuments les plus anciens et vénérés de la cité. Fondée selon la tradition au XIIe siècle, elle doit son nom à un saint local et demeure un lieu de mémoire spirituelle. Non loin de là, la place Moulay El Médi concentre l'animation urbaine : terrasses, passants, marchand ambulant et klaxons composent le tableau d'une place marocaine vivante et sans fard.

Autour de ces pôles, le tissu urbain se déploie en une succession de contrastes. On passe d'un souk couvert à une rue bordée d'arcades coloniales, d'un jardin public ombragé à un café rétro où l'on sert le café noir dans de petits verres. Le patrimoine ici n'est pas muséifié : il se mange, se traverse, se discute.

Pourquoi partir en road trip dans l'Oriental depuis Oujda ?

Oujda constitue la porte d'entrée idéale pour explorer la région de l'Oriental. À une heure de route, les Beni-Snassen offrent des paysages de montagne, des gorges, des sources et des villages perchés. La plaine de l'Angad, quant à elle, s'étend en un tapis agricole où l'on cultive l'olivier, les céréales et les agrumes. Plus à l'est, la route longe la frontière, traverse des paysages désertiques et mène vers des sites comme la grotte des Pigeons ou les environs de Berkane et de Saïdia.

C'est dans cette logique d'itinérance que s'inscrit notre Photographie 22 : road trip Oriental. L'image ne montre pas un monument célèbre, mais l'espace lui-même : la route, l'horizon, la lumière de l'Est. Elle invite à ralentir, à regarder par la vitre, à comprendre qu'Oujda n'est pas seulement une destination, mais un point de départ.

Conclusion : Oujda mérite-t-elle le détour ?

Absolument. Oujda ne séduit pas par une liste de monuments incontournables, mais par une atmosphère, une géographie et une histoire qu'il faut prendre le temps de découvrir. Entre la médina, l'art déco, la mosquée Sidi Yahya, l'animation de la place Moulay El Médi et les horizons des Beni-Snassen, elle constitue l'une des expériences les plus authentiques du Maroc oriental. Pour celui qui part en road trip Oriental, c'est souvent à Oujda que commence la vraie aventure.

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