Oujda est la porte orientale du Maroc, une ville où l'on arrive en traversant la plaine de l'Angad, les collines des Beni-Snassen et les senteurs des souks. Ancienne capitale régionale, elle mêle patrimoine andalou, souvenirs du protectorat et art de vivre méditerranéen. Cet article invite à découvrir son histoire, son centre ancien et les paysages qui font toute la singularité de la région de l'Oriental.
Où se trouve Oujda et quel est son paysage ?
Oujda se situe à l'extrême nord-est du Maroc, à une cinquantaine de kilomètres de la Méditerranée et à quelques encablures de la frontière algérienne. Elle domine la plaine de l'Angad, une vaste étendue fertile où les champs de blé et d'orge alternent avec les vergers d'orangers et d'oliviers. Au nord, le massif des Beni-Snassen se dresse comme une forteresse de calcaire et de chênes-lièges, parsemée de grottes et de villages perchés. Cette géographie explique le rôle ancien d'Oujda : carrefasse entre le Tell algérien, le Rif et le Haut Atlas oriental, la ville a toujours été un lieu de transit, d'échanges et de convoitise.
Quelle est l'histoire de cette carte postale de l'Oriental ?
La photographie évoque les albums de cartes postales publiés entre les années 1920 et 1950, lorsque l'région de l'Oriental entrait dans l'imaginaire colonial. À cette époque, des photographes italiens, espagnols ou français parcourent la ville nouvelle, la médina et les alentours pour en fixer les minarets, les portes monumentales et les scènes de marché. Ce type d'image n'est pas qu'un document : il raconte le regard porté sur Oujda, entre exotisme attendu et volonté de montrer une ville moderne. On y devine les arcades de la ville européenne, les enseignes bilingues et, au loin, les silhouettes des cavaliers revenant de la plaine de l'Angad.
« Une carte postale de l'Oriental, c'est toujours un double voyage : celui du voyageur qui l'envoie, et celui du lecteur qui rêve de minarets et de senteurs. »
Que révèle la médina et le patrimoine d'Oujda ?
Le cœur historique d'Oujda conserve une médina aux ruelles serrées, bordées de fondouks, de petites mosquées et de maisons à patio. Là, le souk reste un théâtre vivant : étals d'épices, de tissus, de céramiques et de savons d'Alep se côtoient sous des toits de bois et de tuiles. Plusieurs portes marquent l'entrée du quartier ancien, telle Bab Sidi Abdelwahab, qui rappelle l'époque où la ville était ceinte de remparts. Mais le joyau du patrimoine religieux reste sans doute la mosquée Sidi Yahya, fondée au IXe siècle et considérée comme la plus ancienne du royaume. Ses pierres ocre, son minaret sobre et son patio ombragé en font un lieu de recueillement chargé d'histoire, témoin de la longue présence ibadite et malikite dans la région.
Quels trésors architecturaux et naturels découvrir autour de la ville ?
Hors des remparts anciens, Oujda dévoile une autre face, celle de la ville du protectorat et de l'indépendance. Le centre-ville abrite de beaux exemples d'art déco : façades géométriques, ferronneries courbes, bow-windows et cinemas aux enseignes néon. La place Moulay El Médi constitue l'un de ces points de rencontre où se croisent terrasses de café, passages piétons et bâtiments administratifs d'époque. Plus loin, dans les faubourgs, des villas aux jardins clos rappellent les quartiers résidentiels du XXe siècle. Naturellement, l'excursion vers les Beni-Snassen s'impose : gorges, sources, grottes des Pigeons à Chouarfaa et forêts de chênes offrent une respiration verte à moins d'une heure de la ville. Entre l'architecture urbaine et les paysages montagnards, Oujda révèle une diversité rare.
- La mosquée Sidi Yahya, témoin du IXe siècle.
- La médina et ses souks parfumés.
- L'art déco du centre-ville, autour de la place Moulay El Médi.
- La plaine de l'Angad et ses vergers.
- Les montagnes et grottes des Beni-Snassen.
Pourquoi Oujda mérite-t-elle aujourd'hui le détour ?
Parce qu'elle est à la fois méconnue et authentique. Oujda ne se visite pas en coup de vent : elle se déguste au rythme d'un thé à la menthe sur une place, d'une balade dans la médina au crépuscule ou d'une randonnée dans les collines. La région de l'Oriental entière gagne à être explorée, de Saïdia aux plages méditerranéennes jusqu'aux villages des Beni-Snassen. Oujda, avec son aéroport international, ses festivals de musique andalouse et son hospitalité légendaire, constitue une base idéale pour ce voyage. Elle offre le patrimoine d'une ancienne capitale, la douceur d'une ville de plaines et l'énergie d'une jeunesse tournée vers l'avenir.
En conclusion, Oujda est bien plus qu'une étape vers l'est : elle est un livre d'histoire ouvert, une carte postale vivante de l'Oriental, une invitation à flâner entre minarets anciens, façades art déco et horizons de la plaine de l'Angad. Pour qui veut comprendre le Maroc dans sa diversité, une visite à Oujda s'impose comme un voyage dans le temps, porté par la lumière de l'Oriental.
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