Si l’on devait résumer Oujda en une seule image, on la trouverait dans les monuments de Oujda immortalisés par le Cliché 89 de la galerie photos Oujda.net : une ville où le minaret côtoie l’arcade, où la médina se prolonge en art déco et où la plaine de l’Angad s’étire jusqu’aux premiers contreforts des Beni-Snassen. Située à l’extrême est du Maroc, capitale de la région de l’Oriental, Oujda n’est pas une étape de passage : c’est un carrefour de mémoires berbère, arabe, andalouse et coloniale, invitant le visiteur à ralentir le pas pour écouter ses pierres.
Où se trouve Oujda et pourquoi sa position compte-t-elle ?
Oujda se niche dans le nord-est du Maroc, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière algérienne, sur le seuil fertile de la plaine de l’Angad. Ce vaste bassin agricole, irrigué depuis des siècles par les oueds descendant des Beni-Snassen, a fait la prospérité de la cité. Au nord, les monts calcaires des Beni-Snassen dessinent un paysage de grottes, de forêts de chênes-lièges et de villages blottis autour de leurs marabouts. Cette situation, à la croisée des routes reliant Fès, Tlemcen et la Méditerranée, a fait d’Oujda une place forte convoitée pendant plus de mille ans. Aujourd’hui encore, son ancrage géographique explique son caractère à la fois méditerranéen, montagnard et profondément marocain.
Quelle est l’histoire gravée dans les rues de la médina ?
La fondation d’Oujda remonte au Xe siècle, lorsque Ziri ibn Atiyya, chef des Maghraouas, choisit ce site pour y bâtir une ville-citadelle. Au fil des siècles, la médina a été rasée, reconstruite, fortifiée, marquée par les rivalités avec la voisine Tlemcen et par les dynasties qui l’ont dominée : Almoravides, Almohades, Mérinides, puis Alaouites. Sous le règne de Moulay Ismaïl, au XVIIe siècle, des bastions et des portes monumentales vinrent renforcer l’enceinte. Dans ces ruelles ombragées, le patrimoine se lit dans les portes en bois clouté, les fontaines publiques, les fondouks où les marchands d’autrefois stockaient leurs marchandises. Chaque coin de rue raconte une succession de sièges, de renaissances et d’échanges, faisant de la médina un livre d’histoire ouvert sous les pas du flâneur.
Que racontent les façades art déco de la ville nouvelle ?
Après l’instauration du Protectorat en 1912, Oujda connaît une seconde naissance. Les autorités coloniales aménagent une ville nouvelle à l’ouest de la médina, tracée au cordeau avec ses boulevards, ses squares et ses immeubles de rapport. Entre les années 1920 et 1950, l’art déco marque le paysage urbain : façades géométriques, ferronneries stylisées, bow-windows et mosaïques polychromes. Le Cinéma Rialto, l’ancien hôtel de ville, les villas bourgeoises du boulevard Mohammed V ou encore le marché couvert témoignent de cette époque où Oujda était un centre administratif et commercial majeur de l’Oriental. Si le temps a patiné certaines façades, leur élégance demeure, offrant aux promeneurs une étonnante lecture croisée entre l’Orient et l’Europe des années folles.
Que voir à Oujda aujourd’hui, entre mosquée Sidi Yahya et place Moulay El Médi ?
Le cœur battant de la ville se concentre autour de deux pôles indissociables. La mosquée Sidi Yahya, édifiée à l’origine au XIVe siècle puis restaurée à plusieurs reprises, domine l’entrée de la médina par son minaret et son patio de colonnes. Elle porte le nom d’un saint vénéré qui, dit-on, veillait sur les voyageurs. À quelques pas, la place Moulay El Médi — autrefois place du Marché à l’époque coloniale — reste le rendez-vous des habitants. Cafés, fontaine, arcades et marchands de fleurs s’y côtoient du lever du jour jusqu’à la soirée. Le visiteur y découvrira aussi :
- les remparts alaouites et la porte de l’ancienne médina ;
- le musée de la ville, installé dans un palais andalou, et ses collections ethnographiques ;
- les souks de la médina où l’on trouve broderies orientales, olives de l’Angad et épices ;
- les boulevards art déco parfaits pour une balade architecturale.
Chacun de ces lieux nourrit l’atmosphère singulière d’Oujda, entre recueillement, commerce et art de vivre.
Comment prolonger la découverte au-delà des remparts ?
Oujda ne se limite pas à son tissu urbain. En une heure de route, le visiteur gagne les Beni-Snassen, où les sentiers serpentent entre falaises, sources et maquis parfumés. La plaine de l’Angad, quant à elle, invite à une pause champêtre au milieu des vergers et des champs de céréales. À l’est, la route mène vers Saïdia et la Méditerranée, complétant une escapade à la fois montagne, plaine et littoral. Que l’on soit amateur d’histoire, de randonnée ou de gastronomie — avec ses tajines de viande, ses olives confites et son miel de montagne —, la région de l’Oriental offre un terrain de découverte rarement encombré, où chaque village garde le silence et la générosité de l’extrême-orient marocain.
Repartir d’Oujda, c’est emporter un fragment de la région de l’Oriental dans son regard : une médina millénaire, une ville art déco audacieuse, une nature généreuse et des habitants fiers de leur identité frontalière. Comme l’illustre le Cliché 89 de la galerie photos Oujda.net, les monuments de Oujda ne sont pas de simples témoins du passé : ils sont une invitation à venir marcher dans leurs ombres, à respirer le thé à la menthe sur la place Moulay El Médi et à laisser la mosquée Sidi Yahya ponctuer le silence de l’aube. Alors, pourquoi ne pas faire d’Oujda votre prochaine halte marocaine ?
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