La photographie intitulée « jardin de l'Oriental » nous place au cœur d'Oujda, ville de l'est marocain, là où le vert des allées rencontre la lumière crue de la région de l'Oriental. Ce jardin n'est pas qu'un espace de promenade : il est le souffle de la ville, un lieu où les familles oujdis viennent chercher la fraîcheur, où les palmiers dessinent leur ombre sur les bancs et où le passé méditerranéen d'Oujda continue de murmurer. Entre le labyrinthe ocré de la médina, l'élégance géométrique de l'art déco, la sobriété spirituelle de la mosquée Sidi Yahya et l'effervescence de la place Moulay El Médi, Oujda offre un visage de patrimoine à la fois intime et saisissant, bordé par les reliefs des Beni-Snassen et l'immensité de la plaine de l'Angad.
Où se trouve Oujda et que représente le jardin de l'Oriental ?
Oujda se niche à l'extrême nord-est du Maroc, à une quinzaine de kilomètres de la frontière algérienne et à moins de cent kilomètres de la Méditerranée. Capitale de la région de l'Oriental, elle a longtemps été le carrefour des routes venant d'Oran, de Tlemcen ou de Fès. Le jardin de l'Oriental, que nous devinons derrière l'objectif, incarne cette situation entre Orient et Occident : une végétation plantée au XIXe siècle puis réaménagée sous le Protectorat, où les essences locales côtoient des alignements à la française. C'est un espace de respiration pour la ville, un point de départ idéal avant de plonger dans la médina voisine.
Quelle est l'histoire de la médina et de la place Moulay El Médi ?
La médina d'Oujda est l'une des plus anciennes du Maroc oriental. Fondée puis reconstruite à plusieurs reprises, elle a pris sa forme actuelle au XVIIe siècle, autour de l'enceinte que l'on peut encore suivre dans le tracé de certaines ruelles. Sous le Protectorat français, à partir de 1912, la ville double s'est développée : la ville nouvelle à l'ouest, la médina à l'est. La place Moulay El Médi marque l'une de ces transitions. Animée le jour par le commerce, les cafés et les arrêt de taxis, elle devient le soir un théâtre de vie populaire où s'échangent nouvelles, thé et mémoire collective. Là, l'architecture ocre et les arcades basses témoignent d'un savoir-faire urbain qui a su mêler usages marocains et aménagements coloniaux.
Pourquoi Oujda est-elle un témoin rare de l'art déco au Maroc ?
Contrairement aux cités atlantiques, Oujda a conservé des ensembles art déco d'une grande cohérence. Entre 1920 et 1950, les bureaux du Protectorat, les banques, les cinémas et les villas de la ville nouvelle ont adopté les lignes épurées, les ferronneries géométriques et les façades en gradins caractéristiques de ce style. Promenez-vous le long du boulevard Mohammed VI ou dans les rues autour de la gare : vous y lirez des frises, des bow-windows et des portes en fer forgé qui rappellent que Oujda fut une vitrine administrative et militaire de la France dans l'est du Maroc. Ce patrimoine demeure fragile, mais il confère à la ville une atmosphère singulière, entre Casablanca lointaine et lumière méditerranéenne.
Que révèle la mosquée Sidi Yahya sur le passé religieux de la ville ?
Au cœur de la médina, la mosquée Sidi Yahya est l'un des repères spirituels les plus anciens d'Oujda. Son minaret carré, sa cour aux proportions harmonieuses et son mihrab aux stucs discrets racontent des siècles de vie islamique dans la région de l'Oriental. Elle doit son nom à une figure vénérée localement, dont la zaouïa voisine attirait autrefois pèlerins et voyageurs de passage. Pour le visiteur, la mosquée offre un moment de calme après l'agitation des souks : l'architecture y parle d'une foi ancrée dans la pierre, mais aussi dans les gestes quotidiens des habitants qui prient, conversent et se retrouvent à ses abords.
Que voir aux portes de la ville : Beni-Snassen et plaine de l'Angad ?
Une fois les remises de la médina parcourues, il faut lever les yeux vers l'horizon. Au sud, les monts Beni-Snassen dressent leurs crêtes couvertes de chênes-lièges et de pins, terre des tribus éponymes et refuge de randonneurs. On y trouve des villages berbères, des sources fraîches et des paysages où le silence remplace le bruit des scooters oujdis. À l'est et au nord, la plaine de l'Angad s'étend comme un tapis d'oliviers, de blé et de cultures maraîchères. Cette plaine, l'une des plus fertiles du Maroc, irrigue depuis des siècles l'économie de la ville et justifie la vitalité de ses marchés. Entre montagne et plaines, Oujda révèle un environnement contrasté, propice aux excursions d'une journée.
Pourquoi Oujda mérite-t-elle qu'on s'y attarde aujourd'hui ?
Oujda ne se visite pas à la hâte. Elle se laisse découvrir par les matins frais, les thés dans les jardins, les déambulations dans les ruelles de la médina, les pauses devant les façades art déco et les conversations improvisées sur la place Moulay El Médi. Elle est une porte ouverte sur la région de l'Oriental, avec ses montagnes, ses plaines, ses silences et ses fêtes. Que l'on vienne pour le patrimoine, pour la spiritualité de la mosquée Sidi Yahya, pour les marchés de la plaine de l'Angad ou pour l'aventure des Beni-Snassen, Oujda offre une expérience de Maroc profond, authentique et lumineux. Le jardin de l'Oriental n'est que le premier chapitre d'un récit qui mérite d'être lu jusqu'au bout.
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