Où se trouve Oujda et pourquoi la visiter ? Située à l'extrême nord-est du Maroc, à quelques kilomètres seulement de la frontière algérienne, Oujda est la capitale de la région de l'Oriental. Posée sur la vaste plaine de l'Angad, elle regarde à la fois vers l'océan Méditerranée, vers les montagnes boisées du Beni-Snassen et vers l'ouverture saharienne. Ville de passage, ville de culture, ville de mémoire : elle offre un autre Maroc, moins fréquenté, plus authentique, où le patrimoine arabe-andalou côtoie les empreintes de l'époque coloniale et la douceur des jardins publics.

Quelle est l'histoire de la médina d'Oujda ?

La médina d'Oujda est le cœur historique de la cité. Fondée au Xe siècle, la ville s'est développée autour de la mosquée Sidi Yahya, l'un des plus anciens édifices religieux du Maghreb, dont la légende dit qu'il fut édifié au temps d'Idris II, au IXe siècle. Pendant des siècles, Oujda fut une place forte convoitée, un carrefour entre l'Ifriqiya, l'Algérie et le Maroc, entre les routes du sel et les pistes des nomades.

Sa médina, aux ruelles étroites et enchevêtrées, abrite des fondouks, des zaouïas, des petits souks et des demeures aux portes de bois sculpté. Contrairement aux médinas atlantiques plus touristiques, celle d'Oujda garde une âme résolument populaire. On y trouve des artisans travaillant le cuivre, les tapis, les broderies ; on y sent l'odeur du pain cuit au four traditionnel, on entend le bruit des scooters qui slaloment entre les passants. C'est un espace vivant, pas un décor figé.

Au XXe siècle, la présence française laisse des traces notables. À partir de 1907, puis surtout après 1912 avec le Protectorat, la ville se développe au-delà des remparts. De nouveaux quartiers apparaissent, des avenues se tracent, des bâtiments administratifs, des villas et des squares voient le jour. C'est de cette époque que date le parc de Oujda, ce jardin public que le reportage photo n°98 nous invite à redécouvrir.

Que raconte cette photographie du parc de Oujda ?

La photo intitulée Sans titre-29 c.jpg, issue du Reportage photo 98 : parc de Oujda, capture un moment de vie ordinaire dans ce jardin municipal. On imagine une allée ombragée, des palmiers, des bancs, des familles en promenade, peut-être des enfants près d'un bassin ou des retraités qui discutent à l'ombre des eucalyptus. Le parc de Oujda n'est pas un monument célèbre, mais il est précisément pour cela attachant : il raconte la ville au quotidien.

Ces espaces verts, aménagés dans les années 1920-1930, faisaient partie d'un projet colonial de "ville-jardin". On voulait offrir aux habitants des lieux de fraîcheur, de promenade et d'hygiène publique. Aujourd'hui, le parc demeure un refuge pour les Oujdis. En été, quand le chaleur de la plaine de l'Angad devient accablante, ses arbres centenaires, ses allées et ses jeux d'enfants accueillent toutes les générations. C'est un patrimoine intangible autant qu'un patrimoine paysager : le souvenir des dimanches en famille, des glaces à la menthe, des premiers rendez-vous.

"Un parc, dans une ville de l'Oriental, c'est plus qu'un jardin : c'est un lieu de résistance contre l'ardeur du climat et le bruit de la cité."

Que voir à Oujda aujourd'hui ?

La liste des découvertes à Oujda est longue et variée. Voici quelques incontournables pour qui veut comprendre la ville :

  • La médina et ses portes : entre la Bab Sidi Yahya, la Bab El Gharbi et les ruelles commerçantes, c'est là que commence toute visite.
  • La mosquée Sidi Yahya : symbole spirituel de la ville, ancienne et vénérée, elle domine le paysage médinois.
  • La place Moulay El Médi : carrefour animé de la vie oujdie, entouré de cafés, de commerces et de bâtiments administratifs, véritable pouls de la ville.
  • Les façades art déco : dans le centre colonial, on découvre des immeubles aux lignes géométriques, balcons en fer forgé, vitraux et enseignes anciennes. L'art déco d'Oujda, moins connu que celui de Casablanca, possède une élégance discrète et authentique.
  • Le parc de Oujda : pour une pause verte, une promenade en famille et une photographie souvenir.

Aux abords de la ville, d'autres trésors attendent : le site préhistorique d'El Aroussi, les grottes et forêts du Beni-Snassen, la ville thermale de Saïdia et sa plage, les villages de la plaine de l'Angad où l'on cultive l'olivier, le blé et les agrumes.

Comment l'architecture d'Oujda reflète-t-elle son histoire ?

L'architecture d'Oujda est un livre ouvert à plusieurs chapitres. Le premier est celui de la médina, en terre et en pierre, avec ses toits plats, ses patios secrets, ses riads aux portes modestes. Le second est celui de la ville coloniale, bâtie selon les canons de l'urbanisme français du début du XXe siècle : axes rectilignes, places géométriques, bâtiments néo-mauresques et art déco.

On remarque particulièrement la façade du Palais de Justice, le bâtiment de la Poste, certaines villas du quartier administratif et les anciens hôtels du centre-ville. L'art déco d'Oujda n'a pas la monumentalité de Casablanca, mais il possède une couleur locale, une chaleur dans les ornements, une adaptation aux matériaux du pays. Les carreaux zelligés côtoient le fer forgé parisien, les arcades mauresques jouxtent les bow-windows.

Ce mélange donne à Oujda un caractère unique. Ce n'est pas une ville muséifiée : c'est une ville habitée, où l'on vit dans des appartements des années 1930, où l'on prend le thé dans des cafés aux façades patinées par le temps, où l'on traverse chaque jour la place Moulay El Médi comme on traverse une page d'histoire.

Quels paysages entourent Oujda et la région de l'Oriental ?

La région de l'Oriental est l'une des plus méconnues du Maroc, et pourtant l'une des plus contrastées. À l'est, la plaine de l'Angad s'étend comme un tapis vert parsemé de douars, de khettaras et d'oliviers millénaires. Au sud et à l'ouest, le massif du Beni-Snassen s'élève en forêts de chênes-lièges, de pins et de cèdres, creusé de grottes et de sources. Au nord, la Méditerranée et la ville balnéaire de Saïdia offrent leurs plages et leurs lumières.

Ces paysages ont façonné la personnalité d'Oujda. La ville est à la fois oasis et carrefour, ferme comme une citadelle et ouverte comme un marché. Elle a accueilli des populations venues d'Algérie, d'Andalousie, du Sahara et du Rif. Elle est le point de départ idéal pour explorer le Beni-Snassen, visiter les grottes de Zegzel, goûter les figues et les amandes du pays, ou simplement flâner dans la médina au rythme des appels à la prière.

Pourquoi Oujda mérite-t-elle le détour ?

Oujda ne se visite pas en coup de vent. Elle demande un peu de temps, une certaine curiosité, l'envie de s'attarder dans les ruelles, de lever les yeux vers les façades, de s'asseoir dans un jardin public et d'écouter la ville. Entre sa médina millénaire, sa mosquée Sidi Yahya, ses façades art déco, la place Moulay El Médi, les montagnes du Beni-Snassen et la douceur de la plaine de l'Angad, elle offre un patrimoine riche et une identité forte.

La photographie du parc de Oujda nous le rappelle : le vrai visage de la ville se trouve aussi dans ces moments simples, à l'ombre d'un arbre, entre deux rires, loin des sentiers battus. Pour le voyageur en quête d'authenticité, de région de l'Oriental et de découvertes humaines, Oujda est une invitation. Prenez le temps : elle saura vous surprendre.

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