Envie d'une escapade où le Maroc se découvre autrement ? Rendez-vous à Oujda, chef-lieu de la région de l'Oriental, blottie dans le coin nord-est du pays, à quelques encablures de la frontière algérienne. La ville s'étale sur la plaine de l'Angad, fertile et lumineuse, tandis que, à l'horizon est, les monts des Beni-Snassen dessinent une silhouette bleue et ondulante. C'est dans cet écrin que la photographie Sans titre-28 c.jpg, issue de l'album Jardin de l'Oriental – galerie photos Oujda, invite à rêver : entre palmiers, parterres fleuris et bassins ombragés, elle saisit la douceur d'une promenade avant de plonger dans l'âme de la cité.
Où se trouve Oujda et quel paysage l'entoure ?
Oujda se niche à l'extrême orient marocain, à moins de quinze kilomètres de la frontière algérienne. Elle se présente comme la grande porte ouverte entre l'Atlas tellien et le Sahel oranais. À l'ouest, la plaine de l'Angad déploie ses champs de blé, d'oliviers et de grenadiers, irriguée par des oueds capricieux qui rappellent combien la vie ici a toujours oscillé entre la sécheresse et l'abondance. À l'est, les Beni-Snassen s'élèvent en une chaîne accidentée couverte de chênes verts, de cèdres et de maquis parfumé. Ces montagnes ne sont pas seulement un décor : elles sont le garde-manger, le refuge et l'identité d'une population rurale dont les villages en pierre s'accrochent aux flancs des collines.
Quelle histoire a façonné la médina d'Oujda ?
Fondée au Xe siècle par Ziri ibn Atiyya, chef des Zenata, la ville devint rapidement un carrefour commercial et religieux. Sa médina, aujourd'hui encore, conserve le tracé labyrinthique hérité de ces siècles de foires et de caravanes. On y pénètre par d'anciennes portes en pierre, on y découvre des ruelles bordées de maisons à patios intérieurs, de fontaines publiques et de petites boutiques où s'entassent épices, tissus et poteries. Au cœur de cet espace, la mosquée Sidi Yahya, édifiée à l'époque mérinide au XIVe siècle, domine le quartier par son minaret élancé et sa sobriété architecturale. Elle témoigne du rôle spirituel et culturel joué par Oujda dans la circulation des savants, des marchands et des artisans entre Fès, Tlemcen et l'Ifriqiya.
Que révèle l'architecture art déco de la ville nouvelle ?
Le patrimoine d'Oujda ne se limite pas aux pierres anciennes de la médina. À partir de 1912, sous le Protectorat, la ville s'étend vers le sud et l'ouest selon un plan moderne : larges boulevards, immeubles de logis, hôtels de voyageurs et administrations. C'est alors que fleurit un style que les amateurs reconnaissent au premier coup d'œil : l'art déco. Façades géométriques, ferronneries ornées, bow-windows, frises de céramique et portes en bois martelé habillent encore aujourd'hui les rues du centre-ville. Les plus belles réalisations se concentrent autour des anciens axes coloniaux, aujourd'hui boulevards animés, où le voyageur peut flâner d'une terrasse à une autre en admirant la fusion entre modernité européenne et sensibilité marocaine.
Quels lieux de culte et de rencontre rythment le patrimoine oujdani ?
La mosquée Sidi Yahya reste incontournable pour qui veut comprendre la spiritualité de la cité. Adossée aux remparts de la médina, elle a longtemps accueilli prières, enseignements et délibérations communautaires. Non loin de là, la place Moulay El Médi constitue le point de rencontre privilégié entre la vieille ville et la ville nouvelle. C'est là que se croisent familles, vendeurs de jus d'orange, passants pressés et retraités au fil de la conversation. Autour de cette esplanade, des cafés centenaires, des librairies et des boutiques de chaussures perpétuent une ambiance de place marocaine, où le temps semble se mesurer au nombre de verres de thé partagés.
Que voir et vivre aujourd'hui à Oujda et dans la région de l'Oriental ?
Aujourd'hui, Oujda se réinvente sans renier ses racines. La médina mérite une balade matinale, quand la lumière dorée glisse sur les murs ocre et que les souks s'éveillent au son des tisserands. La ville nouvelle, elle, invite à une promenade architecturale autour de ses façades art déco et de ses jardins publics ombragés, comme celui évoqué par la photo Sans titre-28 c.jpg de la galerie Oujda. Pour prolonger l'escapade, il faut quitter la plaine et grimper dans les Beni-Snassen : sentiers de randonnée, villages berbères, grottes et points de vue sur la plaine de l'Angad offrent une nature généreuse et apaisante. Côté gastronomie, la région de l'Oriental réserve de savoureuses surprises : pastilla aux fruits de mer, tajines parfumés, msemen et, bien sûr, le fameux thé à la menthe.
- Flâner au petit matin dans la médina d'Oujda et longer les remparts.
- Admirer le minaret de la mosquée Sidi Yahya et l'ambiance qui l'entoure.
- Découvrir les façades art déco du centre-ville.
- Prendre un verre de jus d'orange sur la place Moulay El Médi.
- Partir en randonnée dans les Beni-Snassen pour embrasser la plaine de l'Angad.
Pourquoi Oujda mérite-t-elle votre prochaine escapade ?
Parce qu'elle est un patrimoine vivant, une ville-frontière où convergent plusieurs mondes. Entre la médina millénaire, l'élégance art déco du XXe siècle, la sérénité de la mosquée Sidi Yahya et la convivialité de la place Moulay El Médi, Oujda offre un tableau complet du Maroc oriental. Ajoutez-y la douceur des jardins, la richesse des Beni-Snassen et la générosité de la plaine de l'Angad, et vous comprendrez pourquoi la région de l'Oriental séduit de plus en plus les voyageurs en quête d'authenticité. Oujda ne se visite pas : elle se respire, tasse après tasse, pierre après pierre.
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